Dans l’Indre, le dernier fabricant français de jantes Imperiales Wheels placé en liquidation judiciaire

Faute de repreneur, le tribunal de commerce de Villefranche-sur-Saône a placé en liquidation le jeudi 20 juin Imperiales Wheels, le dernier fabricant français de jantes basé à Diors dans l’Indre. 176 salariés sont concernés par cette décision.

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Jante
Avant sa liquidation judiciaire prononcée le 20 juin 2024 le site d'Imperiale Wheels avait déjà subi quatre redressements judiciaires en 10 ans.

C'en est fini, ou presque, du dernier fabricant de jantes français. Imperiales Wheels a été placé en liquidation le jeudi 20 juin par le tribunal de commerce de Villefranche-sur-Saône. Basé dans l’Indre, à Diors, la société qui emploie 176 salariés avait été placée en redressement judiciaire fin février dernier

Malgré les délais négociés pour permettre à un candidat de se positionner, le tribunal a rendu sa décision immédiatement, faute de repreneur. «Une demi-heure pour prendre cette décision et liquider notre savoir-faire et supprimer nos emplois, c’est révoltant», confie à l’Usine Nouvelle Anthony Babarczi, délégué CGT du site.

Déjà en difficultés, la société avait été reprise il y a deux ans par Emile Di Serio (président du groupe de fonderie de Saint-Jean Industries) avec pour projet le développement de nouveaux modèles de roues grâce à une technologie de rupture. L’Etat et la Région Centre-Val de Loire avaient apporté leur soutien, respectivement à hauteur de 40 millions d’euros d’investissements (80% de cette somme a déjà été versée) et 5 millions d’euros.

Une somme de 10 millions d'euros non versée par l’Etat

«C’est un drame économique et une catastrophe sociale pour tout un territoire», ont commenté les élus de la Région Centre-Val de Loire, qui disent partager la déception et la colère des 176 salariés. «Malgré les aides financières apportées très vite par la Région, le projet industriel de production de jantes alu par un nouveau procédé industriel n'a jamais pu vraiment démarrer, miné par deux ans de crise énergétique et d'inflation comme par le rythme dans lequel l’Etat a apporté son accompagnement financier», ajoutent-ils.

Les représentants syndicaux avaient également requis un délai, afin de négocier notamment avec l’Etat sur les 10 millions d'euros qui restaient à verser. Les salariés et leurs représentants bloquent l’usine depuis lundi dernier et ne sont pas près de baisser les bras. «On est décidés à poursuivre le combat, face à cette catastrophe économique, nous nous organisons pour porter notre affaire en justice» commente Anthony Babarczi à L'Usine Nouvelle.

Les représentants syndicaux réclament à l’Etat d’engager les 10 millions d’euros promis et non encore versés «pour le reclassement et l’indemnisation des salariés». La Région réclame également «un plan de sauvegarde décent (…) avec la mobilisation par l’Etat des moyens financiers équivalents à ce qu’il n’avait pas encore mobilisé pour le projet industriel Imperiales Wheels».

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