Le couperet est tombé sur des salariés éplorés. L’équipementier automobile Magnetto Automobile (MA) France, spécialiste de l’emboutissage basé à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a été placé lundi 13 mai en liquidation judiciaire par le Tribunal judiciaire de Bobigny. Cette décision intervient une semaine après une demande formulée en ce sens devant la justice par la direction de l’entreprise, filiale du groupe italien CLN. Cette requête de la direction a pris de court les 280 salariés de l’usine (qui emploie également entre 120 et 150 intérimaires), qui s’attendaient plutôt à un redressement judiciaire (une procédure enclenchée lorsqu’un maintien de l’activité est jugé envisageable).
Dénonçant notamment la communication tendancieuse de la direction et sa surdité face aux revendications de l’intersyndicale (FO, CFDT et CGT), les employés de l’usine sont en grève depuis le 16 avril. «Déterminés» et dans «une colère contenue malgré la déception», ils souhaitent sauver leurs emplois, si ce n’est pas trop tard. «Les salariés ont rencontré la direction à plusieurs reprises mais sans jamais obtenir d’informations concrètes sur leur situation», déplorait un tract de la CGT quelques jours plus tard. L’Usine Nouvelle n’a pas été en mesure de joindre la direction de l’usine pour commenter l’information.
«Les grands doivent faire attention aux petits»
La messe est-elle dite ? Le cas de MA France illustre en tout cas les difficultés financières aigües que rencontrent de nombreux sous-traitants automobiles, notamment sous la pression de puissants clients, dont ils sont très dépendants. Les remous au sein de l’entreprise ont fait réagir jusqu’au locataire de Bercy, Bruno Le Maire. «Il faut que chacun joue le jeu, que les grands donneurs d’ordre, Renault, Stellantis, aient une attention beaucoup plus forte à leurs sous-traitants et à leur situation. Les grands doivent faire attention aux petits», a réagi le ministre de l’Economie, interrogé sur RMC-BFMTV le 2 mai.
«On n’a jamais été rentables depuis le début du projet, en 2016», relate Abdel, représentant CGT de l’usine, qui n’a pas souhaité que son nom de famille soit rendu public. Cet employé depuis plus de vingt ans dans l’usine, ouverte en 2003, dénonce les pressions financières de Stellantis sur MA France, alors que la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières ont tiré vers le haut les coûts de production, avec le concours des coûts salariaux.

- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Forcées à s’arrêter, des usines de Stellantis reprennent vie
Stellantis, qui représente 80% de l’activité de MA France, concentre l’essentiel des plaintes, comme en attestent des banderoles aux abords du site de production. «CLN a fait le constat que son site d’Aulnay n’était pas compétitif», commente simplement Stellantis. L’arrêt de la production dans l’usine de MA France a forcé Stellantis à stopper sa production pendant plusieurs semaines sur ses sites français d'Hordain et Poissy, ainsi qu’à Luton, en Angleterre.
L’activité y redémarre lentement, après que le constructeur a réorganisé sa production. «Stellantis a mobilisé ses moyens internes de production de pièces embouties dans ses différents sites français et européen» (notamment des côtés de caisse ferrés), indique le constructeur, qui affirmé que ses lignes de production ont redémarré à Poissy dès le 2 mai, à Luton depuis le 7 mai et que l’usine d’Hordain reprend du service à partir de ce lundi 13 mai.



