[Covid-19] Les usines qui tournent encore... et les autres

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bombardier crespin
L'usine Bombardier de Crespin (Nord) est à l'arrêt.

"Nous sommes en guerre", a répété à six reprises Emmanuel Macron, le 16 mars, en annonçant, sans le nommer, le confinement nécessaire pour ralentir l’épidémie de Covid-19, maladie due au coronavirus SARS-CoV-2. L’anaphore du président de la République est déclinée, depuis, par tout un pan de l’industrie, interrogée par "L’Usine Nouvelle" sur ses plans de continuité.

Éclipsée par la fermeture de nombreux commerces, souvent peu visible ou mal-aimée, l’industrie sécurise la fourniture d’énergie, de carburant, de médicaments et équipements médicaux, d’eau potable, l’approvisionnement alimentaire et l’évacuation des déchets.

Assurer ces missions exige que tienne, en amont, la chaîne d’approvisionnement : papiers cartons pour les emballages alimentaires, l’hygiène et les masques, plasturgie des emballages et pièces d’équipements médicaux... Les secteurs du transport de marchandises et de la logistique, indispensables liens entre ces acteurs, sont eux aussi mis au défi.

Tous ces salariés de terrain sont en opérations extérieures, tandis que le monde se replie dans ses murs et ses frontières.

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Effet domino

L’économie se délite. Lorsque l’épidémie de coronavirus, née en Chine, est devenue pandémie mondiale, le pétrole a été le premier à capituler. La destruction de sa consommation – qui va probablement baisser en 2020 pour la quatrième fois en quarante ans – a joué le rôle de déclencheur de la décision russe de rompre l’accord Opep+, au terme duquel 23 pays modéraient leur production pour soutenir les cours. Moscou s’est lassé de subventionner les producteurs américains de pétrole de schiste. Acculée, l’Arabie saoudite a ouvert le feu dans l’inévitable guerre des prix, en bradant son pétrole. Le baril a perdu 60% de sa valeur et rien ne l’empêchera d’aller plus bas sauf, peut-être, un sursaut saoudien. Les places boursières ont suivi, avec une série de mini-krachs qui ont détruit des centaines de milliards d’euros de valorisation boursière, et autant de possibilités de financer les investissements des prochaines années.

Le transport aérien est à terre. L’auto, fragilisée par la baisse des ventes, se met à l’arrêt partout avec un peu d’opportunisme, les mesures de soutien le permettant. Dans la construction navale (Naval Group, Chantiers de l’Atlantique) et ferroviaire (Bombardier), d’autres usines ont stoppé ou réduit drastiquement l’activité.

L’effet domino continue en amont, d'ArcelorMittal qui a prévu d’arrêter un haut-fourneau, aux PME de la sous-traitance qui nourrissent ces constructeurs "juste à temps". Les métiers de l’environnement se recentrent sur l’eau et la collecte des déchets à risque sanitaire (ordures ménagères, déchets dangereux... ) au détriment du recyclage des matières.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire ne l’a pas caché : la France va vers une récession en 2020. Bercy table actuellement sur une croissance négative de - 1 %. Pour pallier ce freinage d’urgence, l’État a promis de soutenir "coûte que coûte" les entreprises. L’Europe intensifie son soutien, avec une injection de liquidités portée à 1 100 milliards d’euros par la Banque centrale européenne, après une première série de mesures jugées tièdes. Car si l’effort est massif, la destruction d’activité le sera également.

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