[Covid-19] A quoi pourrait ressembler l’application de tracking envisagée par le gouvernement

L'enregistrement de nos contacts via une application mobile pur lutter contre la propagation du Covid-19 est désormais dans le spectre du gouvernement. Des chercheurs de l’université d’Oxford viennent justement de présenter une telle application, assortie d'un sondage indiquant que 8 Français sur 10 seraient prêts à l'installer.

Réservé aux abonnés
Propagation virus Covid-19
L'idée de freiner la propagation d'épidémie de Covid-19 en recourant à une application de pistage de contacts des personnes infectées fait son chemin, même en France.

L’idée est simple et elle progresse partout dans le monde : utiliser les données générées par nos smartphones pour pister les interactions des personnes infectées par le Covid-19 afin de ralentir la propagation du virus. Un temps écarté par le gouvernement français, ce suivi est désormais envisagé, avec la contrainte d’en trouver une version compatible avec le droit européen et son fameux Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Dans le contexte de la sortie de confinement, le suivi des Français par des outils numériques "serait peut être possible sur le fondement d’un engagement volontaire, pour mieux tracer la circulation du virus", a déclaré mardi 1er avril le Premier ministre Edouard Philippe, interrogé par les députés dans le cadre de la mission d’information parlementaire sur l’état d’urgence sanitaire.

Données captées par Bluetooth et conservées sur le téléphone

Le principe? Que les Français utilisent volontairement une application mobile dédiée, qui enregistre les contacts des personnes qu’ils rencontrent. En cas de contraction du virus, toutes les personnes rencontrées précédemment, sur les 14 derniers jours par exemple, peuvent alors être alertées pour se faire dépister et/ou se mettre en quarantaine stricte.

Un tel dispositif a été déployé à Taïwan et en Corée du Sud. En Europe, le projet le plus abouti est mené par un consortium piloté par des chercheurs de l’université britannique d’Oxford. Ils ont travaillé sur une application mobile qui, grâce à la technologie sans fil Bluetooth, est capable de détecter si un autre téléphone mobile équipé de cette même application se trouve à proximité immédiate. Les données ainsi captées, conservées uniquement sur le téléphone et un temps défini pour ne pas violer la protection des données personnelles, ne serviraient qu’à alerter les personnes précédemment croisées en cas de symptômes et/ou de détection du virus.

Une alternative au confinement généralisé

Cette application, qui ne se base sur aucune géolocalisation, ne permet pas de savoir qui a fait courir le risque d'être contaminé ni où. Pour résumer leur idée, les chercheurs ont présenté le schéma suivant :

Schéma décrivant le fonctionnement d'une application de suivi des contacts pour lutter contre le Covid-19, développée par des chercheurs de l'Universuté d'OxfordUniversité d'Oxford
Schéma décrivant le fonctionnement d'une application de suivi des contacts pour lutter contre le Covid-19, développée par des chercheurs de l'Universuté d'Oxford Schéma décrivant le fonctionnement d'une application de suivi des contacts pour lutter contre le Covid-19, développée par des chercheurs de l'Universuté d'Oxford

"Une application de pistage des contacts, qui enregistre dans une mémoire locale les contacts de proximité et informe immédiatement ceux des cas positifs, peut permettre de contrôler l'épidémie si elle est utilisée par suffisamment de personnes, estiment les chercheurs dans la présentation de leurs travaux dans la prestigieuse revue Science. En ciblant les recommandations de quarantaine uniquement sur les personnes à risque, les épidémies pourraient être contenues sans avoir besoin de mesures de confinement généralisé, préjudiciables à la société."

Huit français sur dix prêts à installer l'application

Les chercheurs ont sondé les populations de plusieurs pays européens. En France, plus de 1 000 personnes possédant un téléphone mobile ont été interrogées les 26 et 27 mars. Résultat : 48 % se sont déclarées prêtes à installer une telle application "sans aucun doute" et 31 % à le faire "probablement". Soit près de 8 Français sur 10 prêts à installer un tel dispositif. Sachant que les chercheurs n’ont retenu pour ce sondage que les personnes qui avaient correctement répondu à de premières questions sur le fonctionnement de l'application.

Si, à l’heure actuelle, le gouvernement français n’a fait aucune référence directe aux travaux de ces chercheurs, ses références à une application fonctionnant par Bluetooth et utilisée sur la base du volontariat laissent penser qu’il pourrait s’inspirer d’une telle application. Le dispositif est en tout cas jugé en accord avec le droit européen sur la protection des données personnelles (le RGDP et la directive E-Privacy) par la Quadrature du Net, une association de défense des libertés numériques. Le cabinet du secrétaire d’Etat en charge du numérique Cédric O n’a pas encore répondu à notre demande d’interview sur le sujet.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
94 - Ivry-sur-Seine
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs