Comment RTE compte recruter 700 talents en 2023

Pour faire face à de nombreux défis, le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité RTE doit recruter plus que jamais. Pour tenir ses objectifs, le département des ressources humaines de l’entreprise cherche à attirer les jeunes générations et les femmes.

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RTE doit recruter massivement pour pouvoir assurer la maintenance de son réseau vieillissant, entre autres.

Chez RTE, l’accélération du recrutement est actée. Lors d'une conférence de presse le 1er février, la directrice des ressources humaines (DRH) Sophie Moreau-Follenfont a annoncé que le gestionnaire du réseau de transport d’électricité recruterait «entre 700 et 800 talents» en CDI pour l’année 2023. Une nette augmentation par rapport aux 493 recrutements de 2022, selon l’entreprise. Une croissance nécessaire des effectifs – qui sont aujourd’hui autour de 9500 -, compte tenu des nombreux défis que RTE devra relever dans les années à venir.

Parmi les raisons avancées pour cette accélération : le vieillissement du réseau électrique, l’électrification massive des usages, la relance du nucléaire et le raccordement des infrastructures d’éolien en mer au réseau électrique. L’entreprise prévoit donc de recruter autour de 500 personnes dans les métiers techniques (en ingénierie, télécom, exploitation et maintenance). «Sur ces métiers, le marché est très tendu», souligne la DRH.

Attirer les jeunes à tout prix

Pour recruter dans ce domaine, les cibles privilégiées sont les jeunes. «Nous recrutons majoritairement des personnes sorties d’école ou qui ont eu une première expérience professionnelle», explique Sophie Moreau-Follenfont. L’entreprise compte beaucoup sur la formation interne et dispose d’une «politique de transmission des savoirs», à base de «formation, tutorat et immersion». «Plus de 6% de la masse salariale est consacrée à la formation», ajoute-t-elle. Une politique sans doute nécessaire, car l’entreprise promet (et souhaite) que les salariés y restent longtemps. Selon la DRH, «les salariés qui rejoignent RTE, le font pour une très longue durée, voire pour toute leur carrière». Si cela n’est pas forcément un atout pour attirer les jeunes, l’entreprise propose des parcours professionnels diversifiés. «On peut faire une carrière chez nous en ayant une multitude de vies professionnelles. Tous les quatre ans, en moyenne, un salarié a la possibilité de se réorienter vers un autre métier», avance Sophie Moreau-Follenfont. Pour attirer les jeunes, l’entreprise en appelle également à leur quête de sens. «Nous sommes un service public qui a du sens et que nous essayons de valoriser en termes de recrutement», poursuit-elle.

La souplesse est un autre atout sur lequel RTE mise. Le gestionnaire propose par exemple trois formules de forfaits en jours «qui permettent de moduler son temps de travail au cours de sa carrière». Les salariés ont donc le choix entre 197, 203 ou 209 jours travaillés par an. Pour les activités qui y sont éligibles, le télétravail est une option, à hauteur de 108 jours par an. «Pour les techniciens de maintenance, neuf jours de télétravail par an sont également possibles, pour planifier des opérations, par exemple», déclare la DRH.

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Faire appel à la diversité

De plus, l’entreprise mise sur un levier en vogue : la politique de diversité. Si l’entreprise affiche aujourd’hui un peu moins de 25% de femmes dans ses effectifs, elle ambitionne d’embaucher 30% de recrues féminines en 2023. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise ne se cantonne pas aux écoles d’ingénieurs, majoritairement masculines, pour les métiers techniques. «On travaille également à capter des profils universitaires, surtout puisqu’ils sont plus souvent féminins», indique la DRH. Le gestionnaire fait aussi appel à des réseaux plus larges, comme l’Ecole de la deuxième chance, pour «offrir de l’insertion professionnelle à des individus éloignés des réseaux d’emploi».

Concernant les seniors, l’entreprise compte «37% de plus de 45 ans» parmi ses effectifs. Interrogé sur l’index seniors, une des mesures de la réforme des retraites promue par le gouvernement, l’entreprise dit être «encore en phase d’adaptation par rapport à la réforme Touraine (réforme datant de 2013 qui allonge la durée des cotisations, ndlr)». Interrogée sur la suppression du régime spécial de retraite des industries électriques et gazières, dont RTE fait partie, la direction dit «être en réflexion».

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