Deuxième industrie la plus polluante au monde, le textile fabrique beaucoup pour jeter. Une fatalité ? Pas pour la start-up française Tekyn qui veut aider les marques à produire à la demande.
Pour y parvenir, ses co-fondateurs, venus de l'automobile et du photovoltaïque, ont voulu porter un regard neuf sur l’industrie textile. «En 2017, ils ont eu l’idée de créer des outils pour digitaliser la production et la supply chain du textile et de développer des machines automatisées sur une partie de la chaîne», raconte Agnès Vernier, responsable marketing de la start-up. «L’alliance de ces technologies donne le pouvoir aux marques de produire à la demande, en flux tendu, en fonction de la demande du client final».
Changement de paradigme
La réactivité, c’est justement l’un des éléments-clés qui pourrait permettre à l’industrie française de réduire l’écart de compétitivité avec les sites de production asiatiques, d’après le rapport sur l’avenir de la filière remis en janvier au gouvernement. Tekyn y est cité en exemple par le comité stratégique de filière Mode et Luxe. Moins de stocks, moins de remises permettent davantage de rentabilité. La logique est renversée : il ne s’agit plus d’importer de grands volumes de vêtements à bas prix dans l’espoir de les vendre (quitte à les jeter ou à les brader), mais de fabriquer des produits un peu plus chers, mais dont la probabilité de ventes est très élevée.

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Avec le système Tekyn, les marques peuvent ainsi, grâce à un logiciel en ligne, organiser la fabrication de kits pré-découpés. La start-up a poussé assez loin l’interconnexion du matériel et du logiciel pour produire rapidement et efficacement. Les marques peuvent tester leurs idées à petite échelle avant de produire à la demande en fonction de la réception des clients.
Un tech center en Seine-Saint-Denis
Le premier Tech Center de Tekyn a été ouvert à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en 2020, alors que la start-up était basée à La Courneuve auparavant. Elle compte dix lignes de fabrication de kits, sur 1500 m². Les tissus y sont stockés, avant d’y être découpés aux modèles, couleurs et tailles définis par les marques. C’est aussi là que les étiquettes sont fabriquées. Ces kits sont expédiés à des ateliers partenaires qui les assemblent.
En 2021, Tekyn, qui compte 40 salariés et a levé plus de 2 millions d’euros depuis ses débuts, veut créer d’autres « tech centers » de ce type au plus près des clusters textile, en Europe de l’Est, près de Troyes (Aube), et dans le Nord de la France. Petit Bateau, La Redoute, les jeans 1083 ou IKKS font partie des clients ayant utilisé les technologies de Tekyn pour des collections. Avec les questions nées de la crise du Covid et les projets de relocalisation (poussés par le plan de relance) qui se multiplient, la start-up se dit de plus en plus sollicitée.



