Qui se souvient de Photonis ? En 2020, cette PME française qui fournit des technologies de vision nocturne aux armées, avait failli tomber dans les mains du géant américain Teledyne pour 500 millions de dollars. Après le véto du ministère des Armées, motivé par des raisons de souveraineté, le fonds d’investissement HLD Europe s'était finalement porté acquéreur. Ce cas est loin d’être unique.
Les 4 000 entreprises qui constituent le secteur industriel de la défense sont des cibles potentielles pour des concurrents étrangers. Et la crise du Covid-19 qui a fragilisé certaines d’entre elles n’a fait qu’accélérer les choses. En 2020, le ministère des Armées a traité près de 140 dossiers d’investissements étrangers en France, contre une trentaine en 2017. "C’est plutôt un signe positif de la qualité de notre industrie. En revanche il faut bien s’assurer qu’elle reste en France", a averti François Mestre, chef du service des affaires industrielles et de l’intelligence économique à la DGA (direction générale de l'armement), à l’occasion de la manifestation du Paris Air Forum organisée par La Tribune le 21 juin, au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget (Seine-Saint-Denis).
une alerte de sécurité économique chaque jour
Le dispositif des investissements étrangers en France (IEF) prévoit que tout investisseur étranger qui veut investir dans une entreprise de défense, est soumis à une autorisation qui doit lui être donnée par le ministère de l’Economie et des Finances. A travers ce dispositif, la France demande des engagements à l’acquéreur étranger en termes de pérennité de l’outil industriel, de savoir-faire, de maintien du bureau d’études…

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Au-delà de la base industrielle et technologique de Défense (BITD), toutes les entreprises françaises sont ciblées par différentes menaces. Depuis janvier 2020, Bercy a dénombré environ 500 alertes de sécurité économique, soit environ une par jour. Plusieurs motifs peuvent déclencher une telle alerte : tentative de rachat ou prise de participation dans une entreprise stratégique, menace physique ou réputationnelle sur les dirigeants, débauchage de l’équipe de recherche, cyberattaque…
"On a désormais une tour de contrôle de l’ensemble des événements et notamment des menaces étrangères qui affectent les actifs stratégiques de l’économie française, que ce soit des entreprises considérées stratégiques ou certaines des technologies considérées critiques pour notre économie", a expliqué Joffrey Célestin-Urbain, chef du service de l'information stratégique et de la sécurité économique au ministère de l'Economie et des Finances, à l’occasion du Paris Air Forum. Son service s’est fixé comme objectif de détecter et de traiter à temps l’ensemble des alertes économiques étrangères sur les actifs stratégiques français.



