Comment ces six entreprises et usines françaises sont devenues vitrines de l'industrie du futur

Six nouvelles entreprises et usines ont été labellisées "vitrines de l’industrie du futur". Toutes ont mis en place des projets-pilotes avec des dimensions technologiques, organisationnelles, RH...

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Cholet, un site stratégique de Thales pour les radiocommunications et les technologies de cybersécurité.

Elles entrent dans l’élite de l’industrie du futur. Six entreprises et usines ont été labellisées "vitrines de l’industrie du futur" par l’Alliance industrie du futur (AIF), a annoncé celle-ci mercredi 12 février :

Arkance-Groupe Monnoyeur, Cauquil, La Normandise, L’Oréal, Lisi Aerospace et Thales. Ces labellisés "sont des champions cachés qui ont vocation à rayonner pour entraîner dans leur sillage les PMI de notre terreau industriel", a déclaré dans un communiqué Bruno Grandjean, le président de l’AIF.

Cette annonce porte à 81 le nombre de vitrines de l’industrie du futur, un label lancé en 2016 qui doit regrouper 100 vitrines d’ici à la fin de l’année 2020. Il récompense les industriels qui ont mis en place "un projet novateur pour l’organisation de leur production, au sens large, et notamment à travers le numérique et la place accordée à l’humain", rappelle le communiqué.

Arkance – Groupe Monnoyeur

Fournisseur d’outils de production situé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ce groupe familial a développé une nouvelle filiale dédiée à l’accompagnement de la transformation numérique de ses clients de la construction. "Notre groupe a décidé d’investir massivement pour accompagner ses clients face au défi de la digitalisation", explique Philippe Monnoyeur, le directeur général du groupe Monnoyeur. Baptisée Arkance, cette filiale vise à apporter au secteur de la construction les technologies de numérisation, de robotisation et de modélisation déjà utilisées dans l’industrie. Elle développe des services sur-mesure pour ses clients, entrepreneurs, industriels, architectes et exploitants.

Cauquil

Ce sous-traitant de l’aéronautique implanté à Mondouzil (Haute-Garonne) a transformé son organisation en intégrant les nouvelles technologies et en réorganisant ses procédés. L’entreprise, spécialisée dans l’usinage, a automatisé et numérisé sa chaîne de production autour de machines connectées. Elle s’est aussi réorganisée, devenant plus flexible et réactive face aux urgences. "J’ai compris que l’intelligence de mes équipes serait la clé de la transformation de l’entreprise, se félicite son président Didier Cauquil. Grâce aux collaborateurs, nous avons rendu le système industriel et les machines plus intelligentes et c’est bien là l’enjeu de l’industrie du futur."

La Normandise

ETI spécialisée dans la fabrication, le conditionnement et la commercialisation de nourriture pour animaux domestiques, La Normandise s’est digitalisée afin de répondre à la concurrence européenne et d’intégrer le marché chinois. Surtout, l’entreprise située à Vire (Calvados) s’est entourée de différents acteurs de l’emploi, de la formation et de l’innovation, comme Bpifrance, pour construire un outil de formation et répondre à une problématique territoriale sur un métier en tension : technicien de maintenance. Ainsi, l’entreprise a permis la construction d’un BTS, créant un vivier de techniciens sur son territoire.

L’Oréal à Saint-Quentin

L’usine L’Oréal de Saint-Quentin (Aisne), vieille de plus de cinquante ans, s’est réorganisée afin de répondre à la diversité et à la personnalisation croissante de sa production. Pour cela, elle a adopté tous les outils types de l’usine 4.0 : impression 3D, réalité augmentée, réalité virtuelle, internet des objets (IoT), … Mis à disposition des opérateurs, qui ont été spécifiquement formés, ces outils ont permis d’accélérer la gestion des projets et de mettre en place un système de maintenance prédictive. Surtout, ils ont signifié une réduction des coûts de production et de maintenance ainsi que de l’impact environnemental de l’usine.

Lisi Aerospace à Villefranche-de-Rouergue

Simulation, robotisation, formation… L’usine de l’équipementier aéronautique Lisi Aerospace de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) a dopé sa productivité grâce au 4.0. L’objectif : capter des marchés internationaux en étant plus compétitif en termes de délais et de coûts. Pour y parvenir, elle a robotisé ses procédés, connecté ses moyens de production, développé plus de 80 partenariats locaux et créé une université de formation interne.

Thales à Cholet

L’usine Thales de Cholet (Maine-et-Loire) a mis en place un projet industrie du futur dès 2016. Cobotique, réalité augmentée, utilisation des données et impression 3D ont facilité la réduction des opérations à faible valeur ajoutée, le dialogue avec les fournisseurs et l'accélération des processus d’industrialisation. Un espace collaboratif, destiné aux opérateurs et techniciens pour des essais en boucle courte, a été mis en place au cœur des ateliers. "Le digital est un formidable accélérateur de transformation qui nous permet de revisiter nos process industriels en plaçant les collaborateurs au coeur de cette transformation", argue Romain Provost, chef de projet industrie 4.0 sur le site.

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