Ce qu'ambitionne Atos à travers ses deux nouvelles acquisitions

Malgré une baisse de son chiffre d'affaires au premier semestre, Atos annonce avoir débuté des négociations en vue d'acquérir les français EcoAct et digital.security, une filiale du groupe Econocom. Le groupe souhaite ainsi renforcer sa position dans la sécurité numérique et la décarbonation.

 

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Atos
Atos annonce l'acquisition de deux entreprises spécialisées dans la décarbonation et la sécurité informatique avant la fin de l'année 2020.

Le géant français des services du numérique, Atos, souhaite s'offrir les services des Français EcoAct, une société de conseil en stratégie de réduction des émissions de carbone et digital.security, une filiale d'Econocom spécialisée dans la cybersécurité. Le montant des acquisitions n'a pas été dévoilé mais il espère les finaliser toutes les deux à la fin de l'année 2020.

Des annonces qui suivent les résultats semestriels du groupe, lundi 27 juillet: il accuse au premier semestre un repli modéré de 2,8% de son chiffre d'affaires en données organiques et annonce maintenir ses objectifs financiers pour 2020 (5% à 7% de croissance du chiffre d'affaires à taux de changes constants par an).

Atos emploie plus de 110 000 personnes dans 73 pays pour un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros en 2019. Le groupe, qui a confirmé ses objectifs pour 2020, a dit par ailleurs maintenir sa politique de distribution de dividendes entre 25 % et 30 % du résultat net part du groupe.

Devenir un champion des stratégies de réduction carbone...

Fondée en 2006 et forte de 150 employés, EcoAct développe et propose aux entreprises des stratégies innovantes pour diminuer leur empreinte carbone. Présente sur trois continents (Europe, Asie, Amérique du Nord) auprès de 400 clients, la société a mis au point une offre "A to Zero" sur laquelle Atos compte s'appuyer, en l'associant à ses capacités de commercialisation et son offre de décarbonation digitale. Le groupe français compte ainsi devenir un des leaders du mouvement "Transform to net zero", en proposant ses solutions aux entreprises désireuses d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030. Cette initiative, annoncée par neuf multinationales (telles que Nike, Starbucks, Microsoft, Mercedes ou encore le français Danone) courant juillet, vise à promouvoir les bonnes pratiques et partager les recherches en la matière au niveau mondial.

"En combinant la position de leader d'EcoAct dans le domaine du conseil en stratégie climatique et du développement de projets de compensation avec notre portefeuille de solutions et de services de décarbonation ainsi que nos capacités de mise sur le marché, nous allons transformer le parcours de nos clients vers le Net Zero", avance Elie Girard, directeur général d'Atos. Avec cette acquisition, le groupe annonce également la création d'un centre mondial d'excellence en matière de décarbonation.

Atos s'est pour sa part engagé à atteindre un objectif "zéro émission nette" d'ici 2035, soit quinze ans plus tôt que l'horizon 2050 préconisé par l'Accord de Paris sur le climat.

... et se renforcer dans la sécurité numérique et l'internet des objets

Créée en 2015, digital.security, de son côté, emploie 250 consultants et experts en cybersécurité au sein du groupe européen Econocom (10 300 collaborateurs, 3 milliards d'euros de CA en 2019), entité spécialisée dans la transformation numérique. L'entreprise, dont le siège social est basé dans le 12ème arrondissement de Paris, est présente en France, en Belgique et au Luxembourg. Ses missions vont de la sécurisation de l'information numérique à la mise en place de certifications de conformité et de sécurité auprès des secteurs financiers et des assurances. Spécialiste des attaques informatiques, digital.security a créé le premier centre d'alerte et de réaction européen (CERT, Computer Emergency Response Team) en la matière. L'entreprise dispose par ailleurs d'un laboratoire dédié aux tests de sécurité IoT (Internet des objets). Avec ce rapprochement, Atos doublera ses effectifs en matière de sécurité informatique, avec plus de 500 professionnels du secteur.

Avant d'être finalisés, ces rachats devront être soumis à la consultation des instances représentatives du personnel des deux parties d'ici la fin de l'année.

Une stratégie déjà illustrée en juin dernier

Le 24 juin, le groupe français s'offrait déjà deux entreprises spécialisées dans la cybersécurité et la décarbonation. Paladion, un fournisseur mondial de services de sécurité basé aux États-Unis (800 employés, 29 millions de dollars de CA en 2019) et AliA Consulting, un cabinet français de conseil informatique centré sur les applications SAP dans les utilities (70 collaborateurs, 9 millions d'euros de ventes nettes en 2019).

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