"Ce sera une partie difficile, il ne faut pas se le cacher", a concédé Bruno Le Maire, le 19 mai 2020, lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Au lendemain de la proposition par la France et l’Allemagne d’un plan de relance européen de 500 milliards d’euros pour lutter contre la crise du coronavirus, le ministre français de l’Economie rappelait que plusieurs Etats-membres – en particulier l’Autriche, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas – étaient opposés à toute mutualisation des dettes en Europe.
"La décision prise par Emmanuel Macron et Angela Merkel est historique, a-t-il commenté. C’est la première fois que la France et l’Allemagne affirment ensemble qu’il faut de la solidarité budgétaire entre les pays européens". Mais les négociations en vue d’un possible accord lors d’un sommet européen en juin prochain s’annoncent serrées.
Trois plans de soutien sectoriels
Selon le principe de solidarité mis en avant par l’initiative franco-allemande, ce plan de relance européen permettra de soutenir les pays et les secteurs les plus touchés par la crise du Covid-19. Dans l’Hexagone, outre le domaine de la santé, et notamment "la rénovation de l’hôpital", plusieurs autres secteurs d'activité pourraient ainsi bénéficier de ces nouvelles ressources budgétaires. "Avant le 1er juillet prochain, nous aurons mis en place trois plans de soutien sectoriels", a insisté Bruno Le Maire.

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Après des mesures dédiées aux professionnels du tourisme, présentées le 14 mai dernier, le gouvernement a en effet annoncé, le 18 mai 2020, un plan de soutien à la filière automobile "sous quinze jours" qui sera suivi de mesures spécifiques pour le secteur aéronautique.
S’il est indispensable de répondre aujourd’hui à l’urgence qu'affronte l’industrie française, le ministre de l’Economie n’en oublie pas le plus long terme. "Nous aurons besoin d’un plan de relance qui bâtisse à l’horizon de dix ans une économie française compétitive et décarbonée", a-t-il précisé. C'était d'ailleurs l'un des objectifs du Pacte productif qui devait être présenté en avril dernier.
"Résister à la compétition chinoise et américaine"
A juste titre, le locataire de Bercy se pose également la question du maintien, en cette période de crise aiguë, de l’investissement dans la recherche-développement et l’innovation. Et de prendre l’exemple d’un éventuel risque de décrochage technologique de la filière aéronautique européenne qui ferait alors la part belle aux concurrents d’Airbus. L’un des enjeux du plan de relance "solidaire" présenté par Emmanuel Macron et Angela Merkel c’est la manière dont "la France et l’Allemagne se mettent d’accord avec l’ensemble des états européens pour résister à la compétition chinoise et américaine", souligne-t-il.



