Après la "Start-up Nation", voici peut-être venu le temps de la "Deeptech Nation". Tout juste un an après le lancement de son plan Deeptech, qui vise à faire émerger des start-up issues de la recherche scientifique, Bpifrance a fait un point sur les engagements déjà réalisés. En 2019, la banque publique d’investissement a injecté 140 millions d’euros en direct dans cet écosystème et 240 millions en
fonds de fonds, "ce qui représente 960 millions d'euros grâce à l’effet de levier", a révélé Paul-François Fournier, son directeur exécutif à l’Innovation, le mercredi 30 janvier.
La création d’entreprises innovantes qui développeront des produits et services (biotechs, numérique, medtechs…) à partir de technologies de rupture est un enjeu essentiel de l’économie d’aujourd’hui. En complément des investissements réalisés, les équipes de Bpifrance ont également soutenu l’an dernier 250 start-up deeptech en finançant leur effort d’innovation via des prêts pour un montant globale de 80 millions d'euros.
Une enveloppe de 2,5 Milliards d'euros sur cinq ans

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Trim 3 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
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Caractérisées par un risque technologique élevé et s’inscrivant dans des temps longs, les start-up deeptech nécessitent d’importants investissements et un accompagnement spécifique, expliquait Bpifrance lors de la présentation de son programme dédié à cet écosystème. La banque publique a d’ailleurs prévu d’y consacrer une enveloppe de 2,5 milliards d'euros sur cinq ans.
La première étape consiste à rapprocher le monde universitaire de celui de l’entrepreneuriat. "Il s’agit de changer la mentalité des chercheurs afin que la valorisation de la recherche passe également par la création d’entreprise", insiste Paul-François Fournier. Pour cela, la banque réalise un "Deeptech Tour" matérialisé par une série de rencontres sur des campus universitaires. Une dizaine de ces événements ont déjà eu lieu depuis novembre, auxquels ont participé plus de 5 000 personnes (chercheurs, acteurs économiques locaux, investisseurs…). Pour attirer plus spécifiquement le public des jeunes docteurs vers la création de start-up deeptech, Bpifrance et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont organisé un concours d’innovation. Les prix de cette première édition seront remis le 6 février prochain, lors de l’étape du Deeptech Tour à Paris-Saclay.
"Créer des entreprises technologiques"
Pour booster ses actions de soutien à la création et au développement des start-up deeptech, la banque publique s’est trouvée un allié de poids : l’Inria, avec lequel elle a signé en juillet dernier un partenariat. "Il faut dire aux jeunes dans les laboratoires, et pas seulement aux jeunes, de prendre le risque d’aller au-delà de la recherche pour créer des entreprises technologiques", insiste Bruno Sportisse, PDG de l’Inria. "Notre objectif est d’accompagner une centaine de start-up deeptech dans le numérique par an d’ici quatre ans contre une dizaine aujourd’hui".
Avec plus de 200 start-up fondées par ses équipes de recherche au cours des vingt dernières années, l’institut spécialisé dans les sciences du numérique peut se prévaloir d’une réelle expérience dans la création d’entreprises. "Dans la French Tech 120, il n’y a pas assez d’entreprises à forte composante technologique", estime Bruno Sportisse. De celles qui formeront les PMI et ETI capables de répondre aux enjeux industriels de demain.



