L’IFP Energies nouvelles et Axens franchissent une nouvelle étape dans le développement de leur solution de recyclage chimique par glycolyse du polyéthylène téréphtalate (PET), le matériau de base de bouteilles, barquettes alimentaires. Dans un communiqué commun daté du mardi 8 septembre, l’institut de recherche, sa filiale commerciale Axens, et Jeplan, spécialiste de l’économie circulaire au Japon et précurseur dans le domaine de la dépolymérisation, annoncent un accord de développement et de commercialisation du procédé Rewind PET.
Cette technologie vise à transformer un déchet composé de PET, une des résines plastiques les plus utilisées dans le monde, en monomère. Une fois revenue au stade de matière vierge, la matière peut alors être réintroduite dans un process de production.
recycler ce qui ne l’était pas
Relativement facile à recycler dans sa version transparente par procédé mécanique, le PET l’est en revanche beaucoup moins dans sa version colorée. C’est également le cas lorsque des barrières sont ajoutées pour assurer la conservation, comme dans le cas des bouteilles de lait.

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Cela ne devrait bientôt plus être un souci. Débutés en 2015, les travaux menés à Lyon par l’IFPEN prennent un nouveau tournant avec le partenaire Jeplan. Ce dernier doit assurer la démonstration de cette technologie qui sera commercialisée en 2022 par Axens. Les partenaires "s’appuieront sur l’usine de démonstration de 2 kt/an de Jeplan pour accélérer le développement et la démonstration de leur procédé commun", indique le communiqué.
Faites circuler la matière vierge
Le recyclage chimique a un avantage majeur : il peut transformer un déchet en matière apte au contact alimentaire. La demande est en hausse, notamment pour répondre aux ambitions d’intégration de matière secondaire. Depuis la directive européenne sur les plastiques à usage unique, toutes les bouteilles devront, en 2030, contenir un minimum de 30% de matière recyclée (rPET ou rPEhd principalement). Les ressources sont aujourd’hui insuffisantes pour permettre aux industriels de s’approvisionner.
Compléter le recyclage mécanique
Avec le développement du recyclage chimique, "l’objectif est de préparer le futur", indiquait Carlos de Los Llanos, directeur scientifique de l'éco-organisme Citeo, à l’Usine Nouvelle en 2019. "La chimie représente un complément intéressant pour recycler davantage de plastiques d’ici quatre à cinq ans". C'est pour répondre à ce défi que le recyclage, dans sa version chimique, gagne l'intérêt des géants de la chimie-plasturgie. Ces dernières années, plusieurs entreprises ont mis au point des technologies à l’instar de Ioniqa (Pays-Bas), Loop Industries et Polystyvert (Canada), APK (Allemagne), Purecycle Technologies (Etats-Unis), Recycling Technologies (Royaume-Uni) et la française Carbios, spécialisée en chimie verte.
En Italie, LyondellBasell s’engage aussi pour la circularité du plastique
Mardi 8 septembre, le pétrochimiste LyondellBasell a indiqué lui aussi passer un cap dans son objectif de convertir les déchets plastiques en matière première à l'échelle industrielle. La multinationale américaine va démarrer une installation de recyclage moléculaire sur son site de Ferrara, en Italie. Appelée MoReTec la technologie résulte d’une collaboration avec l'Institut de technologie de Karlsruhe (ITK), en Allemagne.
L’initiative a débuté en 2018. L’usine pilote peut d’ores et déjà traiter entre 5 et 10 kilogrammes (kg) de déchets plastiques post-consommation par heure. "Le projet a pour but de comprendre l'interaction de divers types de déchets dans le processus de recyclage moléculaire, tester divers catalyseurs et confirmer la température et la durée des procédés nécessaires pour décomposer les déchets plastiques en molécules. L'objectif est de compléter ces opérations au cours des deux prochaines années, puis de planifier une unité à l'échelle industrielle", précise LyondellBasell.



