Aux rencontres économiques d’Aix, les défis de la France pour "recréer de l'espoir" chez la jeunesse

Ministres, patrons, chefs d’Etat étrangers vont débattre du 7 au 9 juillet à Aix-en-Provence pour « recréer l’espoir », thème retenu de cette édition 2023.

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Rencontres économiques d'Aix
Les rencontres économiques d'Aix vont rassembler cette année la Première ministre Elisabeht Borne, mais aussi la secrétaire générale de la CGT et le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné.

Saisir l’air du temps. Dans la chaleur de l’été provençal, c’est ce que viennent chercher les patrons de grandes entreprises, ministres et chefs d’Etat étrangers qui sont attendus du 7 au 9 juillet aux rencontres d’économique d’Aix-en-Provence. Cette année, la Première ministre Élisabeth Borne, la présidente de la BCE Christine Lagarde, mais aussi Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie et Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies doivent y débattre des solutions pour «recréer l’espoir», le thème de cette année. Ils devraient y croiser, entre autres, Sophie Binet la nouvelle patronne de la CGT et la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili.

Pour cette édition, son fondateur Jean-Hervé Lorenzi espère faire le plein. L’an dernier, 6 000 participants avaient assisté aux trois jours de débats au parc Jourdan et 500 000 s’étaient connectés en ligne pour suivre les tables rondes retransmises en direct. Cette année, celui qui préside aussi le cercle des économistes, espère mobiliser 700 000 à 800 000 spectateurs à distance. Une volonté d’ouverture à de nouveaux publics assumée. «Quand les puissants parlent aux puissants, cela ne marche plus», assurait mi-juin Jean-Hervé Lorenzi, qui espère devenir le premier évènement européen consacré à l'économie.

La France, le pays avec le plus de potentiel

Après une succession de crises, entre Covid, guerre en Ukraine puis flambée de l’inflation, l’activité économique patine. Mais à Aix, «on n’est pas là pour s’interroger sur le niveau des taux d’intérêts. Les enjeux sont de nature sociétale, plus seulement économique», considère Jean-Hervé Lorenzi. La page de la mondialisation heureuse est définitivement tournée, selon lui. Dans ce nouvel équilibre, il s’agit de réussir à enclencher la réindustrialisation. Pas question de tomber dans une vision pessimiste. Jean-Hervé Lorenzi en est convaincu : «La France est le pays qui a les potentialités les plus fortes, en termes de croissance, mais aussi de création d’emplois».

A condition toutefois de répondre au manque de logements, l’une de ses grandes faiblesses, et aux manques de qualification en particulier des jeunes. Pour «recréer de l’espoir», Jean-Hervé Lorenzi appelle un « plan Marshall pour le logement », d’autant plus difficile à mener que le gouvernement s’est engagé dans une chasse aux économies budgétaires. Après un printemps agité par les mouvements sociaux contre la réforme des retraites, le travail est un autre grand enjeu. «Tout le débat s’est focalisé sur la borne d’âge des 64 ans, alors que le travail pose d’autres problèmes : quand on est sans qualification, il n’est pas possible d’espérer avoir mieux que le SMIC», martèle l’économiste. C’est cette panne de l’ascenseur social qui ne doit pas être reléguée dans les priorités politiques, même si dans le même temps, la France doit aussi investir des milliards en faveur de la transition écologique.

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Un manifeste pour inclure la jeunesse

Au moment où les émeutes urbaines ont secoué des dizaines de villes en France, «la décarbonation de l’économie est essentielle, mais ce n’est pas le seul problème. 100 000 décrocheurs sortent chaque année du système scolaire. Il faut les prendre en charge et les réintégrer dans le système», enchaîne-t-il.

Au terme des trois jours de débats, qui verront défiler 380 intervenants, quatre jeunes de moins de 35 ans vont remettre leurs propositions à la Première ministre Elisabeth Borne. Contrairement aux éditions précédentes, les rencontres ne s’achèveront pas sur une liste de propositions destinée au gouvernement. Las de ne jamais voir ses propositions suivies d’effets, les organisateurs des rencontres d’Aix ont opté cette année pour la signature d’un manifeste, qui «engagera tous les participants, entreprises partenaires, économistes, intervenants», afin de limiter le nombre de décrocheurs notamment. Comme un signe que la défiance vis-à-vis du politique gagne aussi les économistes.

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