Fin de parcours pour Caddie. Deux offres de reprise de la société étaient attendues à la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Saverne (Bas-Rhin). L’une n’a pas été soutenue, l’autre n’était pas valable. Le tribunal a donc fin à l’activité presque centenaire du fabricant de chariots de Dettwiller (Bas-Rhin) lors d'une audience ce 16 juillet. 110 personnes vont perdre leur emploi.
La première proposition émanait de Pascal Cochez, patron d’un groupe industriel éponyme à Valenciennes (Nord) et actuel dirigeant de l’entreprise. Elle portait sur le négoce et le reconditionnement d’anciens chariots. Un projet qui abandonnait la fabrication, et misait sur la marque, connue dans le monde entier, en ne conservant que 15 salariés. Une proposition qui n’a pas emporté les faveurs des salariés, ni celle du tribunal.
C’est Stéphane Dedieu, dirigeant de Caddie entre 2014 et 2022, encore actionnaire minoritaire de l’entreprise aujourd’hui, qui portait l’autre proposition de reprise. Un projet qui aurait permis de conserver la production de chariots, d’inclure du reconditionnement et également de la sous-traitance, en utilisant la ligne de zingage de l’usine. Ce plan aurait permis de sauver plus d’emplois, 42, mais se heurtait à plusieurs difficultés : le financement de l’offre n’était pas assuré et elle n’aurait démarré qu’à partir du 15 septembre, laissant les salariés sans rémunération jusque-là. L’offre n’a pas été présentée ce 16 juillet. «L’avocat a indiqué qu’il n’allait pas la soutenir, car il n’avait pas réussi à soulever les conditions suspensives», indique Pierre Dulmet, l’avocat du CSE de l’entreprise. «Il y avait encore un espoir des salariés dans le projet de Stéphane Dedieu, reprend Pierre Dulmet. Maintenant, nous espérons que le groupe assume ses responsabilités : il y a des salaires à payer et un PSE à financer».
Redressements judiciaires en série
L’entreprise née en 1928 a traversé plusieurs crises ces dernières années, avec quatre redressements successifs. Après plusieurs décennies de prospérité, liées au développement de la société de consommation et l’essor des grandes surfaces, les difficultés ont démarré en 2010. Parmi les coups durs encaissés ces dernières années, la délocalisation d'une partie de l'activité par le groupe polonais Damix, qui a détenu la société entre 2018 et 2022. Il a transféré en Pologne la fabrication de petits chariots porte-bagages. Une activité rentable, laissant en Alsace la production à moindre valeur ajoutée de chariots de supermarchés.
Le nouveau projet industriel lancé en 2022 a été soutenu à hauteur de près d’un million d’euros par l’Etat et la région Grand Est. 750 000 euros de fonds propres avaient été injectés par les associés. Des fonds qui n’ont pas suffi à faire vivre le projet. Si au cours des derniers mois la piste d’une reprise en Scop par les salariés a été étudiée, elle n’a pas été retenue. La décision de ce 16 juillet devrait donc marquer la fin de l’entreprise.



