Après la chute historique des défaillances en 2021, une normalisation est attendue

Moins de 30 000 défaillances d’entreprises ont eu lieu l’année dernière, selon une étude publiée par le cabinet Altares. Les spécialistes anticipent un retour à la normale progressif des défaillances d’entreprises en 2022.

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Fonderie du Poitou
Le site Alvance Fonderie Poitou a fermé en juillet dernier.

Dans l’industrie et la construction, l’année dernière n’a pas été épargnée par les défaillances d’entreprises, qu’elles prennent la forme d’une procédure de sauvegarde, d’un redressement judiciaire ou d’une liquidation. En avril, la Société anizienne de construction, dans l’Aisne, se retrouvait en liquidation judiciaire. Même cas de figure pour le site Alvance Fonderie Poitou, contraint de fermer ses portes fin juillet. En octobre, le spécialiste des aciers spéciaux Manoir Pîtres, qui avait été placé en redressement judiciaire en février, voyait quant à lui son plan de redressement être validé par le tribunal.

Mais au total, 1 835 défaillances « seulement » ont été répertoriées dans l’industrie, selon l’étude du cabinet Altares publiée lundi 17 janvier. Cela représente une baisse de plus de 12% par rapport à 2020. Cette forte contraction est à l’image de la tendance globale, en attendant un possible « retour à la normale » en 2022. Avec 28 300 procédures enregistrées l’année dernière, le niveau des défaillances tous secteurs confondus a reculé de près de 12% en un an et d’environ 45% par rapport à 2019, pour atteindre un plus bas historique depuis 1986.

Débranchement tardif des aides de l'Etat

« Les entreprises résistent encore à la crise sanitaire, soutenues par une reprise vigoureuse et par un débranchement tardif et progressif des aides », commente Thierry Millon, le directeur des études d’Altares, cité dans la publication. Celle-ci souligne que « les dispositifs d’aide mis en place à partir du printemps 2020 ont été prolongés en 2021, protégeant de nombreuses entreprises de la faillite ». Les prêts garantis par l’Etat seront toujours accessibles jusqu’au 30 juin 2022. Quant au Fonds de solidarité, dont la fin remonte à fin septembre, il a été remplacé par un dispositif de moindre ampleur dit des « coûts fixes ».

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La baisse des défaillances concerne toutes les tailles d’entreprises, avec des diminutions de plus de 30% pour celles de 50 à 99 salariés, et celles comptant plus de 100 personnes. Finalement, le nombre d’emplois menacés par les défaillances d’entreprises s’est élevé à environ 94 000 en 2021. Ils étaient plus de 130 000 l’année précédente, et même près de 174 000 en 2019.

La métallurgie souffre

Dans le détail, la construction apparaît comme le secteur le plus sinistré : il représente plus d’un quart du total des procédures engagées l’an passé. Les services d’architecture et d’ingénierie sont également en souffrance, avec une progression des défaillances de 10% entre 2020 et 2021. Dans l’industrie manufacturière, l’évolution a été très positive pour les entreprises de la catégorie « textile – habillement – cuir » (-38% de défaillances) et de l’imprimerie (-12%). A contrario, le secteur de la métallurgie et de la mécanique a subi une augmentation des difficultés de près de 10%.

Tous les regards sont désormais tournés vers 2022. Car des signaux défavorables commencent à être identifiés. Altares a constaté un rebond des défaillances sur le mois de décembre. L’étude souligne que « le dernier trimestre est tout juste à l’équilibre », avec un surplus de 0,6% de procédures par rapport au même trimestre 2020. L’inversion de la tendance est d'ailleurs à l’œuvre dans l’industrie (+6,8% de défaillances).

Pas d'explosion à venir

Thierry Millon observe « une remontée notable du nombre de procédures » qui « nous invite à nous préparer à une "normalisation" progressive des affaires sur l’année 2022 ». Selon ce spécialiste, la fin du « quoi qu’il en coûte » pourrait être véritablement actée cette année si le contexte sanitaire s’améliore. « Pour les entreprises, […] il faudra être attentif aux signaux business pour éviter de se laisser entraîner dans la chute de ses clients défaillants », ajoute-t-il.

Selon Thierry Millon, il ne devrait pas y avoir d’explosion des défaillances pour autant. Sollicité en novembre dernier par L’Usine Nouvelle, l’assureur-crédit Coface prévoyait que 67% des entreprises allaient rembourser leur PGE jusqu’en 2026. Il soulignait en outre que les « Urssaf propos[aient] des étalements de paiement des cotisations reportées sur 12, 24 ou 36 mois selon la situation de l’entreprise ». D’où un retour à la normale progressif des défaillances d’entreprises attendu au cours de l’année 2022.

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