Alstom poursuit sa conquête européenne dans l’hydrogène

Le constructeur ferroviaire français Alstom a annoncé un partenariat en Italie pour l’hydrogène, mais il est déjà engagé dans plusieurs pays européens. L’Usine Nouvelle fait le point.

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train à hydrogène Alstom
Sur les trains à hydrogène, l'Allemagne va passer à la phase commerciale en 2022, bien avant la France.

Le 4 juin dernier, Alstom a annoncé un partenariat pour développer le train à hydrogène avec Snam, une société d'infrastructures énergétiques parmi les pionnières à expérimenter une injection d'hydrogène de 10% dans le réseau de transport de gaz naturel. Les deux parties ont signé un accord de cinq ans pour développer des trains à hydrogène en Italie.

Une première phase de faisabilité est prévue à l’automne.

Et le but est de commencer à développer des projets de trains à hydrogène à partir de 2021. Bien entendu, Alstom fabriquera et entretiendra des trains à hydrogène nouvellement construits ou convertis, tandis que Snam développera les infrastructures de production, de transport et de ravitaillement.

"Cette décision est une nouvelle contribution à la décarbonisation des transports et au développement de l'économie de l'hydrogène en Italie, estime dans un communiqué, Marco Alverà, le PDG de Snam. L'hydrogène […] sera un pilier du Green New Deal européen et des investissements post-Covid".

L’Allemagne en pointe

Ce nouvel accord traduit l’avance prise par Alstom dans ce domaine. L’exemple le plus significatif se trouve outre-Rhin. Alston vient d'achever au mois de mai près de 18 mois de phase pilote. Elle a permis à deux trains de pré-série de la gamme Coradia iLint de parcourir 18 000 kilomètres depuis septembre 2018 sur le réseau Weser-Elbe en Basse-Saxe.

Alstom va entrer dans la phase commerciale à partir de 2022 avec 14 trains commandés par l’exploitant LNVG qui remplaceront la flotte d'autorails. Alstom assurera la maintenance et leur  alimentation pendant trente ans. C’est le groupe Linde qui construira et exploitera une station de remplissage d'hydrogène près de la gare de Bremervoerde.

Par ailleurs, le constructeur français a également remporté en Allemagne un contrat pour 27 trains alimentés par une pile à combustible. Un appel d’offre lancé par Fahma, la filiale de l’opérateur allemand Rhein-Main Verkehrsverbund (RMV) pour la livraison à partir de 2022 de 27 trains Coradia iLint, qui remplaceront des rames diesel sur quatre lignes de la région de Taunus dans le Land de Hesse, près de la ville de Francfort sur le Main.

Réponse attendue dans trois pays

Alstom a également testé en février et mars 2020 durant dix jours le train Coradia iLint alimenté par une pile à hydrogène sur la ligne de 65 kilomètres située entre Groningen et Leeuwarden, dans le nord des Pays-Bas. Un test positif qui va sans doute permettre de passer à une phase de tests plus importants. La décision est imminente.

Le spécialiste du ferroviaire français attend aussi des décisions au Royaume-Uni et en France. Elles ont été retardées par l’épidémie de Covid-19. En France, le comité de pilotage mis en place en décembre 2018 avec les régions, SNCF et Alstom devait déboucher sur les premiers essais en 2021 sur des TER. Finalement, une commande d’une quinzaine de trains devait intervenir en début d’année pour effectuer des premiers tests fin 2022 et une mise en service commerciale en 2024. Elle n'est pas encore tombée.

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