«On peut faire une analogie entre notre technologie et le détartrage d’une cafetière» résume Ludovic Chevènement, président fondateur d’AlphaGreen et ancien salarié de Stellantis. Avec le temps, les moteurs thermiques s’encrassent au rythme de la calamine qui se dépose dans les conduits. Avec ses trois stations mobiles qui interviennent partout en France, AlphaGreen produit de l’hydrogène à partir d’eau déminéralisée et d’un système d’électrolyseur. La start-up de Besançon (Doubs) (11 salariés pour 500 000 euros de chiffre d’affaires en 2023) réalise un nettoyage adapté au niveau d’encrassement de chaque moteur.
«Nous avons un brevet dans 68 pays pour notre technologie qui sécurise la connectivité entre la station de production d’hydrogène et le véhicule» souligne Ludovic Chevènement. La première étape de l’opération consiste à prendre le contrôle du moteur à partir de la prise OBD du véhicule pour réaliser un diagnostic complet. Il est complété par une analyse de l’ensemble des gaz d’échappement pour conforter le diagnostic. «Nous réalisons également une analyse après l’intervention pour apprécier les gains», explique le dirigeant.
4 000 tonnes de CO2 évitées depuis 2020
AlphaGreen procède ensuite à l’injection d’hydrogène sous forme gazeuse à l’entrée du moteur, après le filtre à air pour nettoyer les conduits jusqu’à l’échappement. «L’hydrogène est administré de manière précise et maîtrisée selon différents paramètres, comme la puissance du moteur, la cylindrée ou encore le régime moteur. Nous varions le débit, la pression et la densité d’hydrogène en fonction» précise Ludovic Chevènement avant de compléter : «Le débit est plus élevé en fin de nettoyage, quand les conduits ne sont plus obstrués.» Pendant l’opération, le technicien garde une vue en temps réel de ce que vit le moteur. Les particules évacuées et filtrées rejoignent ensuite un centre de recyclage pour traitement.
Un véhicule qui réalise 300 000 kilomètres annuels aura recours à la technologie chaque année quand la moyenne se situe autour d’un nettoyage tous les trois ans. AlphaGreen considère qu’après son intervention, les paramètres retrouvent leur valeur de sortie d’usine, rendant des années de vie au véhicule. «En moyenne, on baisse de 5 à 15% la consommation de carburant, on diminue de 50 à 70% les émissions de gaz nocifs pour la santé. Depuis la création d’AlphaGreen en 2020, nous avons évité 4000 tonnes de CO2» détaille le fondateur qui fournit un certificat d’action pour l’environnement à ses clients, mis à jour après chaque intervention.
Pas d'inquiétudes malgré l'électrification des flottes
Malgré l’électrification de l’automobile, la start-up a débuté son activité avec les flottes de véhicules légers. Elle répond également au marché des poids lourds et engins de travaux publics ou agricoles. «On s’ouvre aussi au ferroviaire et au fluvial. Nous pouvons aussi traiter des moteurs industriels.» À titre indicatif, le nettoyage d’un moteur de voiture prendra deux heures et demie au prix de 210 euros hors taxe tandis qu’il en coûtera 1 690 euros hors taxe pour un poids lourds immobilisé une demi-journée. AlphaGreen commence à se déployer dans les pays limitrophes et pourrait aussi s’ouvrir au marché des particuliers. En parallèle, la pépite renforce sa flotte de stations mobiles pour accompagner sa croissance et un chiffre d’affaires qui double chaque année.



