« A quoi cela servirait de soutenir de super technologies s’il n’y a pas de salariés qui les maîtrisent ? », insiste l’Elysée, pour expliquer que sur les 30 milliards d’euros annoncés par Emmanuel Macron pour le plan France 2030, 2,5 milliards soient consacrés à la formation. « Il faut accélérer les formations dans les filières d’avenir, les massifier quand elles existent, les créer sinon », poursuit l’entourage du président de la République.
Une enveloppe de 500 millions d’euros sera consacrée aux formations à l’intelligence artificielle. Un sujet traité à part car transverse, utile à toute l’industrie. Il ne s’agit pas de créer de nouvelles écoles, mais d’aider les formations existantes à accueillir plus d'élèves, à massifier leur offre, voire à l’améliorer ou à l’affiner. Objectif : « créer des pôles d’excellence en IA », affirme l’Elysée. Une enveloppe destinée à la formation initiale, qui sera donc plutôt gérée du côté du ministère de l'Enseignement supérieur.
Des consortiums pour des formations innovantes
Une deuxième enveloppe de 2 milliards d’euros sera utilisée pour renforcer la formation aux métiers des filières jugées prioritaires dans les annonces d’Emmanuel Macron - les 10 citées comme des objectifs (nucléaire, hydrogène, avion bas carbone…), mais aussi les 5 citées comme le moyen de parvenir à développer les premières (matériaux, composants…). Une enveloppe que gérera le ministère du Travail.

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Un appel à manifestation d’intérêt global sera lancé avant la fin de l’année 2021, pour que des consortiums réunissant des centres de formation professionnelle, des universités, des entreprises, puissent proposer des solutions de formation innovantes. L’Elysée s’attend à des propositions très riches, dont il entend « financer l’amorçage, le lancement, les coûts additionnels, pas la réalisation des formations ». Avec un point sur lequel l’exécutif sera attentif : que ces formations techniques correspondent aux besoins réellement exprimés par les industriels. Des attentes sont fortes, note l’Elysée, pour la formation de techniciens et ingénieurs dans les biomédicaments, le quantique, le nucléaire, « pour lequel il faut reconstruire des formations ».
Des dépenses engagées dès 2022
L’organisation patronale de la métallurgie, l'UIMM, salue des mesures « qui vont dans le bon sens », mais réitère ses « attentes sur les dispositifs favorables à la reconversion des salariés », indique-t-elle dans un communiqué. La CFDT, qui déplore pour l’ensemble du plan des montants qui « ne sont pas à la hauteur », craint que le dispositif de formation envisagé ne laisse trop de salariés sur le bord du chemin et « revendique un investissement massif dans les compétences de demain afin que tous les travailleurs pas seulement les ‘talents’ puissent s’inscrire dans cette transformation de notre économie ».
Des annonces sectorielles plus détaillées seront faites dans les semaines qui viennent, ainsi que d'autres plus transversales, notamment sur le numérique. Une partie de l’enveloppe de 2,5 milliards d’euros sera engagée dès 2022, s’ajoutant au plan de financement des compétences annoncé par le premier ministre fin septembre pour répondre aux tensions actuelles sur les recrutements. « Ce sont deux temporalités différentes, deux enveloppes différentes », indique l’Elysée, confirmant que toutes les annonces du président de la République relèvent bien de nouvelles dépenses.



