A Station F, AstraZeneca veut élaborer une boîte à outils pour "soutenir les campagnes de vaccination"

Installé depuis novembre à Station F (Paris), le groupe pharmaceutique AstraZeneca, qui travaille par ailleurs sur son propre vaccin contre le Covid-19, lance un appel à projets pour développer une boîte à outils afin de soutenir les campagnes de vaccination. 

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Vaccin
La tech peut-elle contribuer à la réussite des campagnes de vaccination ?

Pour lutter contre le Covid-19, AstraZeneca développe son sérum… et anticipe la campagne de vaccination. A Station F (Paris XIIIe), où il vient d’installer son Hub Innovation, le groupe pharmaceutique lance InnoVaccins, un appel à projets visant à "identifier et lever les freins pratiques, logistiques et techniques qui se présentent à la vaccination", explique à L’Usine Nouvelle Olivier Nataf, président d’AstraZeneca France.

Accompagné de divers partenaires – le laboratoire Janssen, la filiale de la Poste DPD Group ou encore l’école de commerce ESCP Business School – AstraZeneca va développer une dizaine de projets, portés par des start-up, des entreprises innovantes voire des équipes de recherche. L’objectif : développer "une boite à outils opérationnelle, mise à disposition de l’ensemble des acteurs de la vaccination, pour soutenir les campagnes de vaccination", présente Olivier Nataf, précisant que le gouvernement, distributeur du vaccin, a été prévenu de cette initiative.

Gérer la demande, la logistique et le suivi de la vaccination

Le groupe cherche à répondre à trois catégories de problématiques : la gestion de la demande, la logistique et le suivi de la vaccination. "Dans un premier temps, il y aura un stock limité de vaccins, il faudra donc être capable de savoir qui doit se faire vacciner en priorité et où, explique-t-il. Cela s’accompagne de questions logistiques, selon le lieu de vaccination – pharmacie, hôpital, domicile – et les spécificités des différents vaccins : certains nécessitent deux injections, d’autres demandent d’être stockés à -70 degrés…"

Des outils pourraient aussi être mis en place pour suivre les patients entre leurs multiples injections, pour localiser les zones de forte demande ou encore pour surveiller l’apparition d’effets secondaires. "Ce n’est pas un appel d’offres, c’est un appel à projets, rappelle Olivier Nataf. Nous ne pouvons pas prédire ce qui va en découler, ce pourront être des outils numériques comme des innovations matérielles."

Différents accompagnements selon le niveau de maturité

Le projet a débuté en novembre par le lancement d’une concertation de grande échelle, menée auprès du grand public, de professionnels de santé et d’acteurs publics, dont les résultats seront rendus publics en janvier 2021. En parallèle, un appel à candidature débutera le 2 décembre afin de collecter les propositions de projets. "Les secteurs concernés ? E-santé, distribution et logistique, outils digitaux de coordination et pilotage de la demande", est-il indiqué sur le site d’InnoVaccins.

Le site stipule aussi que "l’appel à projets est ouvert à des solutions de différents niveaux de maturité". Un point que précise le président d’AstraZeneca France : "Si une entreprise ou une équipe de recherche nous propose une solution sur étagère, nous pourrons accompagner son déploiement dès que possible, en février ou mars", estime-t-il. Si des projets nécessitent une incubation de plus ou moins long terme, AstraZeneca envisage des déploiements jusqu’au deuxième trimestre, voire jusqu’à l’été 2021.

Un jury indépendant, composé de représentants de Bpifrance, France Digitale, d’experts en vaccinologie ou en numérique, sélectionnera une dizaine de projets. Selon leur maturité, ces derniers pourront être hébergés à Station F, accompagnés par des élèves de l’ESCP, ainsi que par l’incubateur de la Pitié Salpêtrière.

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