A quoi va servir la nouvelle filière stratégique "Solutions industrie du futur" ?

Longtemps demandée par les professionnels de l'automatisation industrielle, la filière "solutions industrie du futur" a été officiellement labélisée par le Conseil national de l'industrie le 9 mars. Très opérationnelle, elle a été créée en synergie avec le plan France relance pour valoriser les offres françaises servant à moderniser les usines, et s'appuiera sur une plate-forme dédiée.  

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La nouvelle filière "solutions industrie du futur" inclut tous les acteurs de la modernisation des usines, des machines aux logiciels.

C’est une demande de longue date du secteur qui arrive à point nommé. Vendredi 9 avril, le comité exécutif du Conseil national de l’industrie (CNI) a officialisé la labélisation d’un dix-neuvième Comité stratégique de filière (CSF), dédié aux solutions pour l’industrie du futur (S-I-F). Dans le tumulte de la crise sanitaire, cette nouvelle venue aura la lourde tâche de structurer et médiatiser l’écosystème français des machines et solutions intelligentes pour accompagner la modernisation de l’industrie tricolore.

32 000 entreprises

Machines, robots, automatismes, ingénierie, logiciels de pilotage ou d’analyse de données, simulation, IoT… Cette nouvelle filière rassemblera tous les industriels français positionnés sur la chaîne de solutions pour l’industrie du futur, des biens d'équipements matériels au numérique. En s'établissant sur l’écosystème industriel de l’Alliance industrie du futur (AIF), elle rassemblera quelque 32 000 entreprises implantées en France, représentant 500 000 salariés et 36 milliards d’euros de valeur ajoutée. On y retrouvera donc les grands du secteurs tels Schneider Electric, Dassault Systèmes, ou Fives, mais aussi un fort tissu de PME spécialistes de la transformation industrielle.  

En rassemblant tous les industriels de la production en France, l'objectif de cette nouvelle filière est de "rendre visible les offreurs français, pour faire en sorte que les dispositifs de soutien à la demande puissent bénéficier avant tout à l'écosystème national", détaille un conseiller à Bercy. 

Le contrat stratégique de filière, qui organise les objectifs et actions concrètes de la filière, sera signé dans les prochains mois. Préparé par l’AIF et ses membres - parmi lesquels plusieurs organisations sectorielles d’industriels tels le Symop, le Gimélec, le Syntec Numérique, TechIn France, la Fiec, la Fim ou l’UIMM - il devrait avoir deux priorités : la modernisation du tissu industriel français et l’établissement d’une plate-forme numérique collaborative pour valoriser l’offre française pour l’industrie du futur. Le CSF se concentrera aussi sur de "grands enjeux" pour l'industrie française, telles les machines de tri ou la 5G dans les usines, explique-t-on à Bercy.

Le réseau de la modernisation industrielle

La plate-forme numérique, et l'ambition opérationnelle qu'elle charrie, est la véritable originalité de cette nouvelle filière. Déjà en ligne à l’adresse solutionsindustriedufutur.org, elle s'apparente à un réseau pour la modernisation industrielle, dédié à rassembler et à faire communiquer tous les acteurs de la modernisation industrielle française, des fournisseurs aux clients. Depuis leur clavier, les premiers peuvent y référencer leurs offres, tandis que les seconds pourront découvrir l’écosystème existant ou publier des appels d’offres.

"L'objectif est de favoriser le lien et l'échange entre l'offre et la demande, pour permettre plus facilement de trouver des solutions, des composants et des machines qui correspondent aux besoins", éclaire Bercy. Une solution numérique qui, dans l'esprit de ses créateurs, devrait aussi inciter les offreurs de solution à “jouer collectif” pour convaincre leurs clients et proposer des systèmes complets et simples à mettre en place.

Pour redynamiser l'industrie française, le gouvernement a aussi annoncé la réouverture du "guichet industrie du futur" à partir du premier mai. Un dispositif de subventions ouvert dans le cadre du plan France Relance au second semestre 2020 pour la modernisation des PME et des ETI et plébiscité par les industriels. Pour accentuer la dynamique, le guichet doit rouvrir début mai, abondé de 175 millions d'euros supplémentaires (qui viendront subventionner à hauteur de 20% les projets de modernisation sélectionnés). Une belle enveloppe pour donner du travail aux acteurs de la jeune filière.

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