Fallait-il opter pour un ministère de l’Industrie élargi à l’énergie ? Ou au contraire rassembler l’industrie et la recherche, comme le proposait Valérie Pécresse ? La question du bon périmètre du portefeuille réservé à l’industrie - et son émancipation de l’Economie - avait été l’un des points soulevés pendant la campagne présidentielle. Emmanuel Macron a finalement tranché dans un sens différent.
Pas de grand ministère donc. Dans le gouvernement Borne, le ministère délégué à l’Industrie, occupé jusque-là par Agnès Pannier-Runacher, a pour l'instant disparu. Comme en 2017.
Le premier gouvernement d’Edouard Philippe n’avait gardé à Bercy qu’un grand ministère de l’Economie et des Finances. Pour épauler Bruno Le Maire, une secrétaire d’Etat avait été nommée auprès de Bruno Le Maire, mais sans affectation définie. Pour l’exécutif, la priorité était d’éviter les guerres internes au sein de Bercy. Cette fois-ci, Bruno Le Maire hérite d’un périmètre élargi à la « souveraineté industrielle et numérique » dans le nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne.
Depuis que les crises successives ont révélé la fragilité inattendue du tissu productif, l’expression est devenue à la mode à Paris comme à Bruxelles. De quoi rassurer les industriels sur la prise de conscience de leurs enjeux. « Ces mots de "souveraineté industrielle" sont importants, ils n’ont pas été rajoutés par hasard », se rassure France Industrie.

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Un rapport parlementaire en faveur d’un « grand ministère »
Pendant la campagne présidentielle, les industriels rêvaient d'un « vrai grand ministère », intégrant l’industrie, l’énergie et la recherche technologique, voire le transport. «Quand tous les sujets entre industrie et énergie sont traités sur des arbitrages à Matignon, cela marche moins bien», estimait Alexandre Saubot, le président de France Industrie, prenant en exemple les hésitations autour du nucléaire. Le député socialiste Gérard Leseul va dans le même sens, dans son rapport parlementaire remis en janvier par la Commission d’enquête sur la désindustrialisation de la France. A côté de Bercy, « la responsabilité de la conduite de la politique industrielle est partagée. Il apparaît nécessaire de tisser des liens entre les différents outils de gouvernance afin d’appréhender toutes les dimensions de la politique industrielle », pointait le député. L’objectif est de réduire les incohérences entre les différentes réglementations prises par les ministères, facteur de complexité pour les entreprises.
Un gouvernement élargi en juin
Pour l’instant, la configuration de Bercy n’est pas encore définitive. La définition précise des directions centrales de chaque ministre permettra de jauger les forces au sein du gouvernement. Après les élections législatives, le gouvernement devrait probablement s’ouvrir à plusieurs secrétaires d’Etat et ministres délégués, dont certains rejoindront le ministère de l’Economie. L’Industrie pourrait alors retrouver un ministre délégué, comme dans le précédent gouvernement, ou un secrétaire d’Etat.
Surtout, la nomination de l’ancienne ministre de l’industrie à la tête de la transition énergétique dans le gouvernement Borne rassure les milieux industriels. Après trois ans au chevet des usines, Agnès Pannier Runacher est sensibilisée à l’importance des coûts de l‘énergie pour la compétitivité du secteur. Depuis mars, elle a supervisé les comités hebdomadaires de suivi des conséquences de la flambée des prix énergétiques sur les entreprises industrielles. De quoi, espèrent les industriels, porter leurs messages dans les arbitrages. Et qui leur fait dire qu'il serait bon de ne pas se plaindre.



