[2021 en mots-clés] Les NFT, ces certificats de propriété virtuels qui ont explosé en 2021

En cette fin d’année, L’Usine Nouvelle revient sur les mots qui ont marqué l’actualité de 2021. Dans le monde du numérique, un terme a affolé tous les esprits : celui des NFT. Ces certificats de propriété virtuels ont vu leur marché exploser, et de nombreux acteurs industriels se pencher sur leur utilisation.

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Sorare
La start-up Sorare propose un système de collection de cartes à l’effigie de joueurs de football. Associée à un NFT, chaque carte compte un nombre limité d’exemplaires.

En 2021, les NFT (pour Non-fungible token) ont fait tourner les têtes. Ces jetons numériques, qui font office de certificat de propriété lié à un objet virtuel, ont vu leur marché s'envoler et passer de 70 millions de dollars en 2020, à 13 milliards en 2021 selon les chiffres de la plateforme Nonfungible. Mieux, la plus grosse levée de fonds d'une start-up française de la tech a été réalisée par Sorare, qui a collecté 598 millions d'euros.

Basés sur la technologie de la blockchain, les NFT sont des jetons uniques, rares et identifiables. Non-copiables et non-interchangeables, ils permettent à de nombreux acteurs dans le domaine de l'art, des jeux vidéo et du luxe, de certifier l'authenticité de leurs produits. « Ils sont associés à la rareté, la discrétion et permettent une expérience personnalisée », résume Pierre-Nicolas Hurstel, fondateur de Arianee, un protocole blockchain dédié aux produits du luxe et de la mode.

Impact environnemental

Dans d'autres secteurs, les NFT sont aussi utilisés pour tracer le flux d'un produit. Ainsi, Orange trace ses tourets de fibre optique via ces certificats. « Potentiellement, tous les secteurs pourront demain être concernés par les NFT. Leur potentiel est infini »considère Karen Jouve, gestionnaire de comptes chez Wavestone. Pas étonnant que certains spécialistes avancent déjà un marché de plus de 200 milliards de dollars en 2022.

Mais le potentiel des NFT ne peut être analysé sans prendre en compte leur impact environnemental. Comme le rappelle L'Usine Digitale, « les principales cryptomonnaies [sur lesquelles s'appuient les NFT, ndlr] reposent sur un système de validation par "preuve de travail" [Proof-of-work ou PoW] (...) le mécanisme est très gourmand en énergie car il nécessite une importante puissance de calcul qui ne fait que croître à mesure que le nombre de blocs augmente ». Une étude de l'Université du Nouveau-Mexique, publiée en janvier 2020 dans la revue Energy Research and Social Science, estime qu'en 2018, chaque bitcoin créé était responsable de 0,49 dollar de dommages pour la santé et le climat aux États-Unis, et de 0,37 dollar en Chine. 

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