120 millions d'euros supplémentaires pour l’IA, mais toujours rien sur un ChatGPT français

Le gouvernement déploie sa stratégie sur l’intelligence artificielle. Une enveloppe de 120 millions d’euros supplémentaires doit contribuer à «diffuser l’IA dans l’économie». Une feuille de route à venir pourrait concerner les grands modèles d’apprentissage desquels sont issus les chatbots comme ChatGPT, qui se diffusent très largement dans les foyers français.

Réservé aux abonnés
L'industrie à Noel
Les chatbots comme ChatGPT et les autres technologies d’IA génératives ont fait le tour du Web ces derniers mois.

La France débloque 120 millions d’euros supplémentaires pour l’intelligence artificielle. Cette nouvelle enveloppe vient renforcer la deuxième phase de la stratégie nationale consistant à «diffuser l’IA dans l’économie», comme le rappelait Guillaume Avrin, nommé en début d’année au poste de coordinateur national de la stratégie en IA, auprès de l’Usine Nouvelle.

La première phase visait à structurer «l’écosystème avec la création des instituts 3IA et la mise en place des infrastructures de recherche», selon Guillaume Avrin. La seconde étape, tournée vers les technologies, est centrée autour de trois piliers que sont la formation, le soutien aux deeptechs et le rapprochement entre l’offre et la demande en IA. La formation de 400 000 experts du numérique d’ici à 2030 pour que les entreprises «puissent recruter dans les meilleures conditions» avait ainsi été annoncée par Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique, auprès de Franceinfo fin février.

Financement d'appels à projets

«Concernant le soutien à l’offre deeptech, la stratégie nationale pour l’IA se concentre pour le moment sur trois axes prioritaires : l’IA embarquée, l’IA frugale et l’IA de confiance», détaille le coordinateur national. La nouvelle enveloppe vient financer ces trois axes de développement. Une seconde vague de l’appel à projets "démonstrateurs d’intelligence artificielle dans les territoires (DIAT)" est ainsi annoncée pour soutenir des projets faisant usage «d’une IA frugale en énergie et/ou en données au service des défis et objectifs environnementaux des collectivités et des services publics ou intérêts collectifs». L’appel à projets "maturation technologique et démonstration de technologies d’intelligence artificielle embarquée", qui concerne des fonctionnalités d’IA dans un système embarqué, les puces et autres hardwares dédiés à l’IA, est lui aussi relancé.

Enfin, un appel à projets "démonstrateur d’intelligence artificielle de confiance (DIAC)" voit le jour pour soutenir des innovations matérielles, logicielles et systèmes dites de confiance c’est-à-dire prenant en compte les enjeux de sûreté, sécurité, robustesse, explicabilité, éthique…

Pour l’instant, les technologies derrières les chatbots comme ChatGPT et les autres technologies d’IA génératives qui font le tour du Web ne sont pas particulièrement ciblées par la stratégie IA. Cela devrait venir puisque Guillaume Avrin avait expliqué être «en train de réfléchir à un quatrième volet dédié aux grands modèles d’apprentissage», qui «offrent au grand public l’opportunité d’expérimenter l’intelligence artificielle». Un avis partagé par le ministre qui a appelé à se saisir de ChatGPT plutôt que de l’interdire : «l'important, c'est vraiment que nous nous approprions ces outils, que nous en tirions le meilleur profit». Mais pour l’instant, la France semble à la traîne sur ce sujet spécifique, qui a permis à l’intelligence artificielle d’entrer dans les foyers des Français et contribue largement à démocratiser l'usage de ces technologies.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs