Non, tous les tests antigéniques commandés par la France ne sont pas fabriqués à l’étranger. Basé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine),
AAZ a été choisi par l’État pour participer au déploiement de ces tests qui doivent compléter la stratégie de dépistage du Covid-19.
L’entreprise a annoncé mercredi 4 novembre qu’elle s’engageait à livrer jusqu’à cinq millions de tests rapides antigéniques (TRA) sous six mois, en fonction des besoins des autorités de santé. La région île-de-France a également commandé 100 000 TRA à AAZ pour fournir les lycées de la région.
Des tests surtout destinés aux dépistages de masse
Comme les tests PCR, les TRA fonctionnent en prélevant des échantillons nasopharyngés à l’aide d’un écouvillon. Toutefois, ils ne nécessitent pas une analyse en laboratoire et ils peuvent donner un résultat en 15 à 30 minutes. Baptisé Covid-Viro, le TRA dispose du marquage CE. Il fait partie des 33 tests antigéniques validés par les autorités sanitaires au 6 novembre. Une liste qui s’allonge de jour en jour. Lundi 2 novembre, elle ne comptait encore que 24 produits.
Dans une évaluation comparative publiée en octobre, le laboratoire de virologie et le service de santé publique des Hôpitaux Universitaires Henri-Mondor (AP-HP) saluaient la performance des TRA produits par Abbott et par les fabricants français Biosynex et AAZ. “[Ils] ont fait la preuve dans cette étude des meilleures performances en matière de sensibilité, de spécificité et de valeurs prédictives, compatibles avec leur utilisation dans le cadre de dépistages de masse en populations à faible prévalence (aéroports à l’arrivée, universités, entreprises, collectivités, etc)”, peut-on lire dans le document.
AAZ en voie de relocalisation
Une première livraison d’AAZ est prévue dès la semaine du 2 novembre sur le site logistique de la structure d’achat public RESAH (Réseau des Acheteurs Hospitalier). “Depuis le début du mois d’octobre, Covid-Viro est assemblé, conditionné et libéré de l’Esat Tech’Air de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) qui emploie 140 salariés atteints de handicap dans le souci de développement d’une économie sociale et solidaire”, précise AAZ dans un communiqué. Le montant du contrat n’a pas été révélé.
AAZ (AAZ s'appuie sur l'Esat Tech’Air de Villiers-le-Bel dans le Val-d'Oise pour la production. Crédit : AAZ)
Le principal bénéficiaire de la commande publique reste Abbott. Comme l’a révélé L’Usine Nouvelle, le laboratoire américain a raflé la très grande majorité du marché. Il fournira neuf des dix millions de tests achetés par la France. Une décision qui fait grincer des dents chez les autres fabricants français.
“La confiance que nous accorde l’État français nous conforte dans notre choix précédemment acté de relocaliser étape après étape l’ensemble du process de fabrication en France”, se réjouit dans un communiqué le directeur général d’AAZ, Fabien Larue. Outre le site de Villiers-le-Bel, l’entreprise souhaite mobiliser d’autres Esat (Établissement et service d'aide par le travail) pour assurer la production. L’entreprise est également connue pour avoir conçu le premier autotest de dépistage du VIH en France en 2015.



