L’idée est «de faire partie de la cour des grands», assure Christian Dumolin. Le président du groupe belge Koramic espère bien que le rapprochement de ses activités de chimie de la construction avec celles du cimentier français Vicat permettront d’aller mieux jouer des coudes, sur le marché français, encore très morcelé, face aux géants du secteur comme Saint-Gobain, Sika ou Holcim. L’objectif est même de constituer un leader en France sur le segment des «produits de mise en œuvre du carrelage et de la maçonnerie», précise un communiqué.
L’opération, prévue pour être finalisée avant la fin 2024, permettrait, par apport de participations, de créer une coentreprise dégageant un chiffre d’affaires annuel de 200 millions d’euros, regroupant 7 usines, 800000 tonnes de capacité annuelle, et près de 400 salariés. Vicat serait un peu plus aux commandes en détenant 60% du capital.
Techniquement, le groupe français apporterait sa filiale VPI (Vicat Produits Industriels), recensant 200 salariés, et pourvu d’un catalogue de 250 produits et 2400 références, professionnelles et grand public, pour des produits de mise en œuvre du carrelage, d’enduits de façade, de systèmes d’isolation extérieure, ou encore de mortiers. De son côté, Koramic joindrait sa filiale Cermix, spécialiste des colles de carrelage et de mortiers pour la construction. En France, cette société regroupe 180 employés.
Synergies industrielles dans la chimie de la construction
Ce rapprochement s’opère uniquement en France, VPI n’étant présent que dans l’Hexagone. De son côté, Koramic opère dans les spécialités chimiques pour la construction en Belgique, en Suisse, en Turquie et même aux Etats-Unis, et continuera en solo, sans Vicat, pour ces activités à l’international. Industriellement, le groupe français détient quatre usines sur le territoire, à Montluel (Ain), Malataverne (Drôme), Bliesbruck (Moselle) et à Auneau (Eure-et-Loir), le plus grand site de VPI (300000 tonnes par an à lui seul). Site qui avait d’ailleurs fait l’objet d’un agrandissement en 2023 avec un accroissement des capacités de mortiers et de bétons bas carbone. Côté belge, Cermix opère trois usines en France, à Desvres (Pas-de-Calais), Feignies (Nord) et Le Pontet (Vaucluse).
Christian Dumolin évoque des «synergies industrielles, grâce à une répartition géographique très intéressante, et la possibilité de spécialiser les usines pour réduire les temps de transport des produits». Certaines usines pourraient ainsi plus se spécialiser, soit sur les colles pour carrelages soit pour les mortiers par exemple. Ce que confirme un porte-parole de VPI, tandis que les produits conserveront leurs marques respectives. Bonne nouvelle pour l’emploi : cette association entre Cermix et VPI ne devrait en aucun cas modifier les effectifs, garantissent les deux parties.



