Alors que la ressource en eau se raréfie, même dans les pays qui bénéficiaient d’un climat tempéré comme la France, le développement du Moyen-Orient a largement été lié aux technologies de dessalement depuis les années 80. Et cela continue. Le champion mondial des services à l’environnement, Veolia, vient de remporter un contrat de 300 millions d’euros aux Emirats Arabes Unis (EAU). Il va prendre la tête, via sa filiale SIDEM, d'un consortium en charge de l’ingénierie, de l’approvisionnement et de la construction d’une usine de dessalement à Abu Dhabi.
Avec une capacité de 550 000 mètres cubes, ce site approvisionnera 210 000 ménages (soit environ 1 million d’habitants) en eau potable à partir de 2025. La construction de Mirfa 2 va débuter au deuxième trimestre 2023 et son exploitation sera assurée par Abu Dhabi National Energy Company PJSC et Engie. L’utilisation de la technologie de l’osmose inverse qui repose sur une filtration membranaire, de plus en plus performante, permet de réduire la consommation d’énergie de 80% par rapport aux usines des années 80 qui fonctionnaient avec un dessalement thermique.
Quatre usines mises récemment en service au Moyen-Orient
«Ce projet s’inscrit dans le prolongement de la mise en service, ces 18 derniers mois, de quatre autres grandes unités de dessalement qui vont alimenter plus de six millions de personnes en eau potable en Arabie Saoudite, à Oumm al Qaïwaïn (Émirats Arabes Unis), au Bahreïn et en Irak, précise Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia dans un communiqué. Cette réussite confirme notre position de leader dans les technologies de l'eau et notre engagement à tirer parti de notre expertise et de nos capacités d’innovation pour fournir des solutions fiables, abordables et durables en matière d’accès à l'eau.»
Les opportunités de signer de nouveaux contrats devraient se poursuivre dans cette région du monde pour Veolia et ses concurrents. Selon une étude de l’Institut des français des relations internationales (IFRI) datant de septembre 2022, «en 2030, les capacités de dessalement des pays du Moyen-Orient devraient quasiment doubler, s’inscrivant dans le cadre de plans quinquennaux annoncés afin de préparer la transition de ces économies à "l’après pétrole". Actuellement, aux Émirats arabes unis, 42 % de la consommation d’eau potable est liée au dessalement, soit plus de 7 millions de mètres cubes par jour. Et c’est même 90% pour le Koweït, 86% pour Oman, et 70% pour l’Arabie saoudite.



