Eliminer les polluants éternels dans les incinérateurs. C'est tout l'objet de la nouvelle technologie présentée mercredi 25 juin par la directrice générale de Veolia, Estelle Brachlianoff, à l’occasion d’un déplacement sur le site de Courrières (Pas-de-Calais). Baptisée Drop, elle doit permettre à Veolia d’éliminer les PFAS pour les transformer en substances minérales non toxiques grâce à l’utilisation d’un catalyseur lors du traitement thermique des déchets.
Selon le groupe français, cette technologie qui s’inscrit dans l’offre «BeyondPFAS» lancée en 2024, permet de détruire jusqu’à 99,9999% des polluants organiques persistants (POP) dans un four chauffant à plus de 900 °C. Elle élimine également les problèmes d’encrassement et de corrosion des chaudières. Drop est déjà déployé sur les 20 lignes d’incinération de déchets dangereux de Veolia en France, en Allemagne, en Espagne, en Pologne, au Royaume-Uni, en Suisse et en Hongrie.
Des acquisitions pour augmenter les capacités
Veolia a fait du traitement des déchets dangereux l’un des axes de son développement, alors que les prévisions de croissance de ce marché sont +3,5% par an jusqu’en 2030. «Nous sommes numéro 1 dans les déchets dangereux, a rappelé Estelle Brachlianoff. En deux ans, nous sommes partis de zéro pour atteindre 205 millions d’euros de chiffres d’affaires sur les PFAS et les nouveaux polluants. Et nous visons 1 milliard d’euros en 2030.»
«Nous parlons de PCB, d’arsenic, de déchets nucléaires, de mercures, de PFAS… Tous ces déchets sont produits par l’industrie et aucune usine ne peut aujourd’hui fonctionner sans retraitement, rappelle la directrice générale de Veolia. D’ici 2027, nous allons traiter 9 millions de tonnes de déchets dangereux par an et à partir de 2030 nous augmenterons notre production de 50%.» Des objectifs en ligne avec les ambitions de Veolia. Le groupe, qui réalisait 1,4 milliard d’euros de chiffre d'affaires en 2014, a triplé en dix ans pour atteindre 4,3 milliards d'euros de CA en 2024. L’objectif est désormais de dépasser 6 milliards d’euros en 2030.
Le spécialiste de la gestion des déchets et de l’eau souhaite, en 2030, ses capacités de traitement de 500000 tonnes. Cela passe par de la croissance organique, avec cinq nouvelles unités de grande capacité aux États-Unis, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, pour l’incinération à haute température et la récupération des solvants.
Mais cela passe également par de la croissance externe. Ce mercredi, Veolia a ainsi annoncé investir 300 millions d’euros dans des acquisitions aux Etats-Unis, au Brésil et au Japon. Le groupe a fait l'acquisition de sites de traitements de déchets dangereux (New England Disposal Technologies au Massachusetts, Alagoas Ambiental au Brésil), biologiques ou radioactifs (Ingenium, en Californie), ou encore de médicaments (New England MedWaste, Massachusetts), de déchets industriels ou de sols contaminés (Zeeklite Co. LTD, Japon).



