Ce lundi 12 avril au matin, les groupes français Veolia et Suez ont annoncé avoir trouvé un accord sur leur rapprochement, après des mois de rebondissements, de lobbying, d'attaques et de bataille juridique. "Cet accord est issu d'une médiation de Gérard Mestrallet (ex-PDG d'Engie et ex-président du conseil d'administration de Suez,)", a indiqué Antoine Frérot, le PDG de Veolia, lors d’un point presse.
Veolia a fait quelques concessions, parmi lesquelles l’augmentation du prix par action Suez (qui passe de 18 à 20,50 euros) et l'extension du périmètre du nouveau Suez. Ses activités ne seront pas limitées à l’eau et aux déchets en France, mais comprendront également le principal centre de recherche en France (Cirsee) et les activités de l’entreprise essentiellement dans l’eau en Italie, en République tchèque, en Afrique, en Asie centrale, en Inde, en Chine, en Australie et les activités monde digitales et environnementales (SES). En échange, Suez désactive sa fondation montée pour protéger les activités eau en France et va mettre fin aux différentes procédures judiciaires. Elle renonce également aux accords avec Cleanaway en Australie pour céder ses activités pour 1,6 milliard d’euros et suspend toute autre cession "significative".
Le nouveau Suez soutenu par des fonds
Le nouveau Suez devrait atteindre un chiffre d’affaires d’environ 7 milliards d’euros. L’actionnariat sera composé du fonds Meridiam, qui était cité depuis le début de l’offensive de Veolia et son rachat des actions d’Engie, qui doit s’engager sur 25 ans dans le nouvel ensemble. Avec cet accord, il ne sera pas seul. Il devrait être majoritaire avec la Caisse des dépôts et consignations, mais les fonds pressentis pour soutenir Suez dans une éventuelle contre-proposition - Ardian et l’américain GIP – seront de la partie. Et Antoine Frérot a annoncé que les salariés de Suez pourront prendre jusqu’à 10 % du capital.

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Veolia, un groupe de 37 milliards d’euros
Pour Veolia, la "constitution d’un champion mondial de la transformation écologique" lui permettra d'atteindre un chiffre d’affaires de 37 milliards d’euros. L’augmentation du prix des actions fait passer le rachat des 70,1% du capital restant de Suez de 11,34 à 12,915 milliards d’euros. Mais Veolia cède finalement à Suez des activités qui augmentent le chiffre d’affaires de l’entreprise, qui passerait d’environ 5 milliards d’euros à 7 milliards d’euros. Antoine Frérot s’est de nouveau engagé à "un mixage des équipes qui soit équitable" en prônant "l’objectivité pour choisir le meilleur pour chaque poste et en assurant une missions dans l’entreprise au moins équivalente à la précédente".
Finalisation en septembre
La prochaine étape sera un accord signé entre les deux groupes le 14 mai prochain, si tout se passe comme prévu. Mais Antoine Frérot a précisé qu’il faut maintenant s’atteler à "rapprocher les équipes, abandonner tous les recours juridiques, activer les procédures antitrust. La finalisation de l’ensemble du projet et l’OPA devraient se conclure début septembre". Bertrand Camus, le directeur général de Suez a indiqué dans un communiqué que "cet accord de principe donne toutes ses chances à l’obtention d’une solution globale qui offrirait les garanties sociales indispensables pour l’ensemble des salariés et des perspectives." Et Philippe Varin, président du conseil d'administration de Suez, ajoute : "Nous avions appelé de nos vœux une solution négociée depuis de longues semaines et nous avons aujourd’hui trouvé un accord de principe qui reconnaît la valeur de Suez. Nous serons vigilants à ce que les conditions soient réunies pour parvenir à un accord définitif permettant de mettre fin au conflit entre nos deux sociétés et offrant des perspectives de développement".
Après des mois de bataille sans merci, de petites phrases, de procédures judiciaires et de tergiversations d'un Etat actionnaire dont le rôle n’a pas toujours été limpide, cet armistice devrait permettre d'aboutir dans les prochains mois lieu à une paix équitable entre les deux grands champions français des services à l'environnement.



