Chronique

Va-t-on manquer de pétrole dans dix ans ?

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L’Union européenne, dont les principaux fournisseurs voient décliner leur production, pourrait-elle manquer de pétrole d’ici à 2030 ? C’est l’analyse de risque qu’a lancé The Shift Project, le think tank présidé par Jean-Marc Jancovici et dirigé par Matthieu Auzanneau, sur la base des données de Rystad.

La Russie (30 % des volumes importés par l’Union) pourrait voir sa production décliner de 9 % d’ici à 2030. Le Kazakhstan (7 % des imports), de 7 % ; le Nigeria (7 %), de 31 % ; l’Azerbaïdjan (5 %) de 28 %... Les projections de l’expert norvégien montrent, selon The Shift Project, un scénario optimiste, où les nouvelles découvertes prennent le relais des champs pétroliers en déclin naturel, alors que les investissements connaissent un nouveau coup d’arrêt.

Comme en 2015, la chute brutale des cours a engendré des coupes de 20 % en moyenne dans les capex. Or les économies les plus faciles se font sur l’exploration, pénalisant les futures productions.

Plusieurs arguments contrarient pourtant cette résurrection de la menace du peak oil. Sur un marché pétrolier très liquide, l’Europe peut importer d’autres origines. Les pétroles de schiste ont prouvé leur résilience, en redémarrant à la première embellie des cours. L’Arabie saoudite a démontré sa capacité à hausser sa production (de 9,8 à 11,8 millions de barils par jour en avril). Et les réserves, à leur plus haut historique, peuvent amortir des mois de déficit de production. La crise post-Covid-19, enfin, devrait peser sur la demande. Les résultats de The Shift Project sont attendus en octobre. 

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