Sur les coups de 13 heures vendredi 29 mars, la toute dernière Renault Zoé (couleur bleu céladon) sortira de la ligne d’assemblage de l’usine Renault de Flins (Yvelines). Plus que le dernier exemplaire de la citadine électrique commercialisée depuis 2012 (à laquelle succèdera la Renault 5 assemblée à Douai), il s’agira du tout dernier véhicule produit sur le site de montage francilien. Après 72 ans de bons et loyaux services, l’usine de Flins change de cap pour embrasser diverses activités autour de l’économie circulaire. «Ça fait un petit pincement au cœur», commente Florent Vandenborne, représentant syndical CFE-CGC et salarié depuis 33 ans dans l’usine qui a produit plus de 19 millions de voitures, parmi lesquelles les emblématiques 4CV, Dauphine, Twingo et Clio.
Un tournant vers l’économie circulaire
Fini désormais la production de véhicules neufs, place au reconditionnement de véhicules d’occasion. Mais pas seulement. Une quinzaine de nouvelles activités ont été lancées sur le site industriel de 232 hectares, en pleine reconversion depuis 2020 : remanufacturing d’organes mécaniques (moteurs, boîtes de vitesse…), rétrofit de véhicules utilitaires ou encore fabrication de piles à combustible par Hyvia… Des activités d’emboutissage (notamment pour l’usine de véhicules utilitaires de Batilly, en Meurthe-et-Moselle) et de tôlerie subsistent également. Celles-ci pourraient accueillir prochainement de nouvelles productions. Du moins, c’est ce qu’espèrent les syndicats, qui attendent des annonces de la direction au mois d’avril.
Celles-ci pourraient être liées à l’usine de Sandouville, en Seine-Maritime. Car, ce 29 mars, au moment même où l’usine de Flins produira sa dernière voiture, tous les yeux seront rivés vers le site où sont fabriquées les Renault Trafic. Luca de Meo, le directeur général du groupe Renault, y est attendu dans la matinée en compagnie de Bruno le Maire, le ministre de l’Economie. Au menu : l’officialisation de la production sur le site normand des futurs véhicules utilitaires électriques de la gamme «FlexEVan», développée en collaboration avec Volvo et CMA CGM.
«Une page qui se tourne»
En attendant de savoir si Flins pourra potentiellement profiter de cette opportunité pour récupérer de la production d’ouvrants ou de hayons par exemple, une cinquantaine de salariés de l’usine yvelinoise vont dans les prochains jours s’atteler au démantèlement de la ligne d’assemblage sur laquelle ils ont pour certains travaillé des dizaines d’années. «C’est une page qui se tourne, avec émotion», relate Mounir Mestari, délégué syndical central de Force Ouvrière, qui constate la transformation prometteuse d’un site qui était quasiment donné pour mort en 2019, à la suite de la délocalisation de la Clio en Turquie et en Slovénie.
Sans bain de sang social, une très large majorité des employés ont finalement été reclassés dans l’une des activités proposées sur le site industriel. Un peu plus de 1 900 personnes travaillent aujourd'hui à Flins, où 150 embauches doivent être réalisées en 2024. Selon les plans du groupe Renault, 3 000 personnes devraient y être employées à la fin de la décennie.



