À Flins, les débuts de la «Re-factory» de Renault
«Sauver Flins.» En novembre 2020, c’est un Renault en pleine crise qui sortait le pansement social en annonçant la restructuration de son usine historique des Yvelines. Exit l’assemblage des véhicules, place à la première usine européenne d'économie circulaire avec l'engagement de maintenir à terme 3000 emplois fixes. Trois ans plus tard, l’usine est en pleine transition.
Pascal Guittet La production de la Zoé s’arrêtera en mars 2024. «On a l'impression que c'est la mort du petit cheval. Ce n’est pas du tout le cas», assure Stéphane Radut, le directeur du site. Plus de 100 millions d’euros ont été investis pour accueillir de nouvelles activités?: reconditionnement et réparation de voitures, rétrofit de véhicules utilitaires et de robots industriels, fabrication de piles à combustible chez Hyvia, recyclage d’organes mécaniques (rapatrié de la défunte usine de Choisy-le-Roi), recyclage de batteries avec Gaia... Les débuts sont modestes, les enjeux de reconversion des salariés sont réels et la direction comme la plupart des syndicats veulent y croire.
AV
À Aniche, Saint-Gobain expérimente le verre recyclé sans carbone
Xavier POPY/REA En 2022, le groupe français avait signé une première mondiale dans son usine d’Aniche (Nord). Sur une semaine, Saint-Gobain y avait produit 2000 tonnes de verre plat, l’équivalent de 100?000 fenêtres, avec un bilan neutre en carbone, grâce à l’utilisation d’énergie renouvelable (électricité verte et biogaz) et un recours intégral à du verre recyclé?: le calcin. Cette campagne de production n’est pas encore devenue la norme, démontrant seulement la faisabilité industrielle. Saint-Gobain augmente graduellement l’utilisation de calcin sur ses sites de verre plat. À Aniche, la ligne est alimentée à environ 40%, avec un objectif de dépasser 50% en 2030.
L’approvisionnement constitue la vraie limite. Saint-Gobain utilise ses chutes de production et celles des transformateurs, mais peine à accéder au gisement des chantiers de déconstruction. Lequel représenterait environ 200?000 tonnes par an en France, mais n’était exploité qu’à hauteur de 5?% en 2022 par manque de filières de collecte.
JC
En Isère, Rosi valorise les panneaux photovoltaïques
ROSI, F. Ardito La start-up iséroise est la seule au monde à récupérer et à valoriser la partie active des cellules photovoltaïques, à savoir l’argent, le cuivre et le silicium. Trois métaux aujourd’hui difficiles à extraire, qui finissent généralement broyés. Un gâchis aussi bien écologique qu’économique?: ils représentent 20% de la matière du panneau... mais 80% de sa valeur?! À Saint-Honoré (Isère), Rosi a ouvert en avril 2023 sa première usine de recyclage de panneaux solaires (3?500 m²).
Trois étapes sont nécessaires pour extraire les matières. Lors de la dernière, les cellules sont plongées dans cinq bains à la suite et, par un traitement de chimie douce, se séparent naturellement. L’argent est, pour l’heure, ce qui a le plus de valeur dans les panneaux. Mais la revente de silicium haute pureté est plus prometteuse.
KD
Au Brésil, NetZero industrialise le biochar de café
NetZero Grâce à l’entrée à son capital de Stellantis, L’Oréal et CMA CGM, la start-up française NetZero va construire une usine de biochar à Brejetuba (État de l’Espirito Santo) après celle à Lajinha (État du Minas Gerais) au Brésil. Alimentée par des résidus secs de la culture de café de la coopérative Coocafé, cette unité sera opérationnelle au début de cette année et produira 4500 tonnes de biochar par an. Cela permettra de retirer de l’atmosphère plus de 6500 tonnes d’équivalent CO2, tout en apportant une solution de fertilisation durable des terres agricoles.
C’est la beauté du procédé de pyrogazéification, qui en brûlant sans oxygène des déchets végétaux, produit un gaz de synthèse, voire de l’hydrogène, et concentre en une poudre noire le CO2 capté par les plantes lors de la photosynthèse. Ce biochar, qui se comporte comme une éponge à eau et à nutriment, remplace les engrais et améliore les rendements.
AB



