Une Alliance pour que les transports ne soient plus «le parent pauvre de la décarbonation»

Dans un entretien à L’Usine Nouvelle, le chercheur François Gemenne, coauteur du dernier rapport du GIEC, revient sur le lancement de l’Alliance pour la décarbonation de la route.

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Renault Electri City a Douai assemblage voitures electriques
Electricity Renault Douai. François Gemenne prone un changement d'usage de la voiture.

Le 12 décembre dernier, le chercheur et professeur à HEC François Gemenne et le président de la Fabrique écologique Géraud Guibert annonçaient le lancement de l’Alliance pour la décarbonation de la route. Une plate-forme pluridisciplinaire d’échanges et d’actions qui doit permettre de travailler avec les pouvoirs publics pour développer des solutions de décarbonation pour enfin prendre le virage de la transition écologique et énergétique dans les transports.

«Le transport, c’est le secteur où les émissions continuent à monter, celui où il n’y a pas eu d’inversion de la courbe. C’est aussi le parent pauvre de la décarbonation», regrette François Gemenne. Alors comment opérer ? «Il faut s’attaquer aux émissions de la route, mais on n’y arrivera pas que si on se focalise uniquement sur la voiture, estime le co-auteur du dernier rapport du GIEC. Qui rappelle tout de même que «la moitié des déplacements inférieurs à deux kilomètres se font aujourd’hui avec ce mode de transport.Et que ce soit pour les voyageurs ou le fret, même si on multiplie la part du ferroviaire par deux ou par trois, la majeure partie des déplacements se fera toujours par la route».

Des annonces pour la mobilité en milieu rural

L’association réunit déjà une vingtaine de partenaires (constructeurs, associations, agglomérations, réseau de covoiturage, logisticiens, énergéticiens, transporteurs,…) prêts à œuvrer pour favoriser, certes au report modal vers le ferroviaire, mais également vers les mobilités douces et les autres modes de transport publics. Pour la route, «ce n’est pas seulement une question d’électrification, mais aussi de changement d’usages, en développant le covoiturage, les car express, développe le chercheur. Les transformations d’usage ne sont pas forcément une contrainte.»

Le rôle de l’Alliance est de faire travailler ensemble les pouvoirs publics et les constructeurs pour accélérer l’électrification des parcs de voitures et de poids lourds, multiplier les implantation de bornes de recharge, mais aussi des stations de distribution de biocarburants, de bioGNV et d’hydrogène. Sans oublier le co-voiturage et l’auto partage, mais aussi la route électrique pour les camions – qui «commence à être mâture et réglerait le problème de la recharge», assure François Gemenne. Pour cela, il faut «un plan ambitieux d’investissements publics et privés», prêche l’Alliance pour la décarbonation de la route.

«Nos premières annonces prévues pour fin février ou début mars concerneront la mobilité dans les territoires péri-urbains et ruraux, a promis François Gemenne. Nous devons travailler ensemble pour proposer des solutions et sortir d’une logique contraignante.» Sans oublier les enjeux industriels, car, comme dans de nombreux secteurs, «la Chine a déjà pris un train d’avance».  

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