Un projet de navette à voile bas-carbone développé à La Rochelle

Profitant du Grand Pavois, grand-messe rochelaise du nautisme, le consortium Sailcoop, Chantier de l’Arsenal et VPLP a présenté le Sailcoop 61, une navette à voile ultra bas carbone pouvant transporter 80 personnes.

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Sailcoop
Le Sailcoop 61 pourra transporter 80 passagers. Il sera mis en service en avril 2024.

Fondé à Vannes en septembre 2021, Sailcoop s’est donné pour mission d’offrir, partout où c’est possible et grâce à la propulsion vélique, une alternative ultra-bas carbone au transport conventionnel de passagers. Grâce à l’ouverture, en 2022, d’une ligne régulière entre la Corse et le continent, la coopérative est en pleine croissance. Son chiffre d’affaires va passer de 70 000 euros en 2022 à 280 000 euros en 2023.

«Nous nous positionnons sur trois marchés: ceux de courte (navettes et vedettes côtières), moyenne (marché des ferries et de l’avion) et longue distance (avion). Concernant le second marché, nous souhaitons apporter une nouvelle offre grâce à un type de navire qui n’existe pas encore et qui présente un objectif de décarbonation supérieur à 90% par rapport à une navette traditionnelle», a déclaré Grégoire Théry, directeur stratégie et développement, lors de la présentation du Sailcoop 61 au salon du Grand Pavois, à La Rochelle (Charente-Maritime).

Pour y arriver, l’entreprise, qui a procédé à deux levées de fonds totalisant près de 1 million d’euros, a commandé des études au cabinet d’architecture navale VPLP et s’est rapprochée du Chantier de l’Arsenal. Un choix qui ne doit rien au hasard. En effet, le spécialiste rochelais de la fabrication de catamarans est en pleine ascension, grâce notamment au One Shape, un process qui permet la fabrication de bateaux sur mesure et sans moule, par assemblage de panneaux composites. Cette matière permet de répondre à une attente majeure de Sailcoop, à savoir alléger le poids du bateau afin de rendre l’utilisation de la voile plus performante. «Notre process évite également la perte de matière et réduit considérablement la génération de déchets lors de la fabrication», renchérit Laurent Da Rold, le dirigeant du Chantier de l’Arsenal.

En avril, des navettes en Bretagne Sud

Afin de respecter les engagements de traversées et d’horaires, le navire ne peut s’appuyer que sur la seule force du vent. Le complément sera assuré par un moteur thermique, un choix qui peut paraître étrange face à la volonté de décarbonation, mais que Grégoire Théry justifie : «Un moteur électrique aurait alourdi le bateau de 900kg et nous aurions perdu de la capacité de voile, sans compter qu’il aurait fallu embarquer des groupes électrogènes pour recharger les batteries. Mais dans le futur, lorsque la technologie électrique aura fait des progrès, on ne s’interdira pas de transformer nos navires.»

Avec une longueur de 18,6 mètres, le Sailcoop 61 pourra transporter 80 passagers (20 000 à l’année). Sa fabrication a démarré il y a quelques semaines, la livraison à l’armateur est attendue pour avril 2024. Une fois en mer, le bateau assurera des navettes régulières en Bretagne Sud, Grégoire Théry refusant pour le moment de préciser davantage la desserte. Le coût de fabrication de ce premier spécimen s’élève à 1,5 million d’euros.

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