Un méthaniseur géant pour chauffer les Dijonnais et doper les revenus des agriculteurs

La coopérative Dijon Céréales et le spécialiste danois des méthaniseurs Nature Energy inaugurent ce 20 septembre en Côte-d'Or le plus grand site dédié à la production du biogaz en France. 150 agriculteurs sont associés à ce projet qui va délivrer 10% de la consommation de gaz résidentiel du département, soit 20% des besoins des Dijonnais.

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Secalia, projet méthaniseur cote d'or
150 agriculteurs de la coopérative Dijon Céréales vont alimenter ce méthaniseur créé en partenariat avec Nature Energy.

La plus grande unité de méthanisation de France est inaugurée ce 20 septembre à Cérilly (Côte-d'Or). Le projet apportera 230 GWh chaque année au département et permettra d'économiser 36000 tonnes de CO2 en remplaçant le gaz naturel... Pourtant, tout a commencé par une attaque de charançon et le retrait d’un produit phytosanitaire. «En 2018, ce problème agronomique a affecté 80% de nos surfaces de colza», rembobine Christophe Richardot, directeur de la coopérative Dijon Céréales. Pour pérenniser les exploitations, dans cette région à «faible potentiel», le dirigeant a cherché une solution.

«Nous avons souhaité allonger les rotations en intégrant des cultures de printemps, comme le tournesol, le maïs, le sarrasin… alors que nous avions jusque-là uniquement des cultures d’hiver comme le blé et le colza, poursuit le dirigeant. Avec l'intégration de ces cultures, nous nous sommes retrouvés avec un besoin de couvrir le sol entre août, date de leur récolte, et mai, celle du semis. Nous avons pensé à une CIVE (culture intermédiaire à valorisation énergétique) et Nature Energy est venu apporter un débouché.» Voilà pour la genèse.

100 millions d'euros investis

C’est donc un méthaniseur géant qui est né en Côte-d’Or. «C’est une échelle de méthaniseur qui permet d’apporter des technologies que nous ne pouvons pas déployer sur de petits modèles, souligne Pascal Chanderot, directeur de Nature Energy France. Par exemple, nous avons installé un évapotranspirateur, ce qui permet d’avoir un digestat solide et d’optimiser le transport.» L’investissement de 100 millions d’euros a été porté à part égales par la coopérative et l’énergéticien. Ce dernier fournira des MWh au réseau pour un prix d’environ 105 à 110 euros. Les subventions apportées par la puissance publique sont évidemment décisives, le prix du gaz conventionnel se négociant actuellement à moins de 40€ le MWh. Nature Energy a refusé d'indiquer le prix auquel il pourrait vendre le MWh une fois l'investissement amorti.

L’intégralité de la biomasse est apportée par les coopérateurs. Ils sont plus de 150 agriculteurs à avoir semé du seigle fourrager en culture intermédiaire dans leurs rotations.  L'unité absorbera 200000 tonnes de biomasse dans l'année. La culture, broyée avant d’être injectée dans le méthaniseur, retourne dans les parcelles des coopérateurs une fois digérée, le digestat étant épandu. Dijon Céréales devrait réduire de plus de 10% les émissions des exploitations engagées, l’épandage de digestat permettant de réduire le recours à la fertilisation de synthèse. Aussi, les cultures de printemps intégrées à la rotation sont moins gourmandes en azote que les cultures d'hiver qui occupaient seules les parcelles jusque-là. 

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20% d'émissions en moins dans les exploitations ?

Ce n'est pas tout. Le couvert végétal a permis de réduire l'empreinte carbone des exploitations d'environ 10%, en augmentant la capacité de stockage des sols. Des crédits, estampillés par le label bas carbone, ont été émis. L’agriculteur perçoit 40€ par tonne de carbone stockée. Le prix final du crédit carbone se fait en additionnant la commission prise par la coopérative et le courtier, une opération assurée notamment par Carbon Farmers dans de cas. «Nous sentons une amélioration des comptes d’exploitation de nos adhérents», s’enthousiasme Christophe Richardot.

Nature Energy indique avoir d’autres projets de méthaniseur en France dans les bacs, mais ne pas communiquer pour l’instant : «Il y a un gros travail à faire pour la bonne acceptation de ces projets, souffle Pascal Chanderot. Il faut montrer que nous apportons une solution pour le territoire et que nous participons à la revitalisation des exploitations.»

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