Une mauvaise nouvelle sur front des semi-conducteurs. Le taiwanais TSMC, plus fondeur mondial de puces, est à son tour pénalisé par les perturbations de la chaine logistique dans le secteur. Alors qu’il est engagé dans un vaste plan d’expansion de ses capacités de production, il se trouve confronté, de façon « inattendue », à l’allongement des délais de livraison des machines de la part de ses équipementiers. C’est-ce que son directeur général C.C Wei a révélé lors de la présentation, le 14 avril 2022, des résultats du premier trimestre 2022. L'annonce de ces difficultés ne semble pas contrarier la Bourse où le cours de l'action de TSMC est resté stable.
«Nous avons commencé à rencontrer ce problème, de manière inattendue, au début de l’année, confie-t-il lors de ses commentaires aux analystes. Nous avons alors intensifié nos communications avec nos équipementiers et dépêché chez eux des équipes pour les aider à identifier les goulets d’étranglement critiques qui affectent les délais de livraison.»
Investissements record dans la production
TSMC n’est pas seul dans cette situation. Tous les grands fabricants de semi-conducteurs sont en train d’investir à tour de bras pour tenter d’atténuer la pénurie de puces en augmentant leurs capacités de production. Après un bond de 36 % en 2021, les investissements de l’industrie des semi-conducteurs devraient croître de 23 % en 2022 pour dépasser le record de 180 milliards de dollars, selon VLSI Research, une division du cabinet TechInsights. Les équipementiers de semi-conducteurs croulent sous les commandes. «Ils sont également touchés par les perturbations de la chaine logistique provoquées par le Covid», précise C.C Wei. Ils peinent à leur tour à s’approvisionner en composants et rencontrent des difficultés d’acheminement de leurs équipements vers les clients.

- 47515.45-2.38
Mars 2026
Cours mensuel de l'étain - settlement$ USD/tonne
- 8.0176-0.38
20 Avril 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
Le groupe taïwanais, qui fournit ses services de fabrication à un grand nombre de clients, dont Apple, AMD, Broadcom, Nvidia et Qualcomm, s’impose comme le plus gros investisseurs en 2022 avec une enveloppe de 40 à 44 milliards de dollars, devant Samsung (38 milliards de dollars) et Intel (28 milliards de dollars). Dans ses projets d’expansion figurent notamment l’extension de son usine à Nanjing, en Chine, et la création de deux nouvelles mégafabs en dehors de Taiwan, l’une dans l’Arizona, aux Etats-Unis, l’autre au Japon. Malgré les difficultés d’approvisionnement auprès de ses équipementiers, son directeur général assure tout faire pour s’en tenir à ce plan d’investissement.
Incertitudes liés au Covid en Chine
La réduction d’activité en Chine liée à la résurgence du Covid, d’abord à Shenzhen et maintenant à Shanghai et Kunshan, menace d’aggraver les problèmes logistiques. Ceci fait peser des incertitudes sur la capacité des fabricants de semi-conducteurs à augmenter leurs capacités de production. Les équipementiers sont également touchés car ils dépendent, eux aussi, de composants et sous-ensembles en provenance de Chine. La question se pose tout particulièrement pour TSMC, qui assure près du quart de la production mondiale de semi-conducteurs en valeur, selon VLSI Research. «Ces incertitudes poussent les clients dans l’automobile et dans certains composants comme les microcontrôleurs à gonfler par sécurité leurs stocks, constate C.C Wei. Si bien que nos capacités de production vont rester restreintes tout au long de cette année. »
Fort de résultats trimestriels supérieurs aux attentes avec un chiffre d’affaires de 17,6 milliards de dollars, en augmentation annuelle de 36 %, TSMC s’attend pour l’ensemble de l’année à une croissance dans le haut de la fourchette des ses prévisions de 25 à 29 %, tirée par l’automobile et les applications de calcul à hautes performances.



