L'aéroport de Toulouse-Blagnac (Haute-Garonne) sera bientôt le premier site aéroportuaire à concrétiser l'implantation sur sa plateforme d'une station de production et de distribution d'hydrogène vert. A l'étude depuis plusieurs années, le projet entre en phase opérationnelle.
Une convention cadre vient d'être signée le 10 juin par Philippe Crébassa, président d'Aéroport Toulouse-Blagnac (société de gestion de l'aéroport), Thierry Cotelle, président de l'Arec Occitanie (Agence régionale énergie climat) et Julien Chauvet, président de la société de projet Hyport et directeur Hydrogène France d'Engie Solutions. La feuille de route est tracée pour une mise en service prévue en fin d'année 2021.
Un site de production et deux stations de distribution
Concrètement, l'aéroport de Toulouse-Blagnac met à disposition un terrain de 2 600 m² au cœur de sa zone logistique Sud, sur un lieu stratégique à cheval sur la zone privée de l'aéroport (directement sur le tarmac) et sur sa zone publique. Ce site permet à la fois un accès direct aux pistes et de l'autre côté, aux axes routiers périphériques. L'infrastructure associera ainsi une station de production d'hydrogène et deux stations de distribution pour permettre le déploiement de plusieurs types de mobilité à hydrogène : bus de liaisons entre l'aérogare et les avions, véhicules utilitaires légers, applications aéronautiques et industrielles côté tarmac et développement de nouveaux usages pour les particuliers et les professionnels.
Une capacité initiale de 330 kilos par jour
Dans une première phase, il est prévu d'installer un électrolyseur de technologie alcaline d'une capacité de production de 330 kg/jour et une structure de stockage de 1 tonne. L'investissement, porté par la société de projet Hyport, détenue à 51 % par Engie et à 49 % par l'Arec Occitanie, est évalué à 6 millions d'euros. Une consultation d'entreprises sera lancée dans le courant de l'été 2020, pour une mise en chantier avant la fin de l'année. L'opération est soutenue à la fois par la Région (750 000 euros), par l'Europe (750 000 euros) et par l'Ademe, pour une aide globale de 5,25 millions d'euros attribuée à la fois pour ce volet infrastructures et pour accompagner l'acquisition de véhicules à hydrogène.
Dès sa mise en service, la station permettra en effet d'alimenter une flotte de cinq bus à hydrogène, commandés auprès de l'entreprise albigeoise Safra. Les quatre premiers, opérés par Transdev, assureront des services de transport sur le tarmac. Une dizaine de véhicules utilitaires légers est aussi prévue dans cette première phase. "L'ambition est d'accompagner très vite le déploiement d'une cinquantaine de véhicules à hydrogène dans les trois ans", souligne Clément Delisle. Le projet a été conçu pour permettre en deuxième phase une extension des infrastructures pour porter la capacité de production à 1 ou 2 tonnes par jour.
Le projet Hyport, initié par la Région Occitanie et labellisé dès fin 2016 dans le cadre de l’appel à projets national "Territoires hydrogène", devrait être dupliqué dans la foulée sur la zone aéroportuaire de Tarbes-Lourdes. Il s'inscrit aussi plus largement dans un vaste plan Hydrogène Vert régional, doté globalement d'un budget de 150 millions d'euros pour la période 2019-2030.



