Pour Eiffage, nouvel actionnaire de référence d'Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), société gestionnaire de l'aéroport toulousain, après le rachat en fin d'année 2019 des 49,99 % de parts détenues par le consortium chinois Casil, l'année 2020 s'ouvre sur de nouveaux challenges. Après trois années de forte hausse, le trafic aérien de l'aéroport de Toulouse-Blagnac a enregistré un léger recul en 2019 (- 0,1%) avec 9 620 224 passagers, sur un marché qui a enregistré globalement une progression de l'ordre de 4% au niveau national.
Un tassement de croissance à nuancer toutefois pour la plateforme aéroportuaire toulousaine, puisque la hausse du trafic s'est maintenue en 2019 sur les vols nationaux (+2,5%). "Malgré l'impact des travaux à l'aéroport d'Orly qui eu des incidences sur le trafic de l'aéroport parisien, malgré les incertitudes sur le Brexit, les grèves de fin d'année et la montée du flygskam (la 'honte' de prendre l'avion), nous n'avons pas constaté de décrochage en 2019", se félicite Philippe Crébassa, le président du directoire d'ATB, lors de la présentation du bilan d'activité 2019 de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, ce lundi 9 mars.
Une baisse de trafic attendue pour les trois mois à venir
Quant à l'impact du coronavirus Covid-19 depuis le début de l'année 2020, le président du directoire le reconnait : "nous n'avons pas relevé d'effets jusqu'à la fin du mois de février, mais nous commençons à constater une baisse du trafic depuis le début du mois de mars. En l'état actuel, nous nous préparons à enregistrer une baisse de trafic sur les trois mois à venir". Toutefois, l'équipe de direction de l'aéroport se refuse à ce jour à donner des chiffres précis.

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Poursuite des investissements et de la diversification immobilière
Philippe Crébassa se veut résolument optimiste. "L'année 2020 sera celle de la mise en place de la première ligne régulière long-courrier au départ de Toulouse, avec à partir de début juin les cinq vols hebdomadaire de la ligne Toulouse-Montréal d'Air Canada. L'année sera aussi marquée par la poursuite d'investissements visant à la fois la rénovation d'installation et de nouvelles augmentations capacitaires"
Ainsi, les aménagements de l'aire de stationnement avions V12, avec une reconfiguration du rez-de-chaussée d'une partie de l'aérogare avec le traitement en embarquement et débarquement à pied dans le hall D (5 millions d'euros de travaux) seront achevés pour le mois d'avril. A la clef : une capacité d'accueil et de traitement pour plus de 600 000 passagers supplémentaires par an.
Un autre chantier majeur devrait s'échelonner entre juin et septembre 2020 : la réfection de la piste 2 pour 13 millions d'euros. L'aéroport s'apprête aussi à accueillir une station de production et distribution d'hydrogène, d'ici début 2021. ATB sera son premier utilisateur pour alimenter quatre bus qui circuleront sur les pistes pour assurer le transport de passagers entre l'aérogare et les avions, ainsi que les navettes entre l'aérogare et les parkings autos les plus éloignés.
En outre, la stratégie de diversification dans la promotion immobilière, qui s'est déjà traduite par la construction de halls de peinture d'avion pour le compte de Sabena Technic, va permettre deux nouvelles implantations au plus près des pistes : celle du siège de la division Hutchinson Aerospace Services et la relocalisation d'un centre de tri pour FedEx. "Dans le cadre de nos projets de diversification en direction d'activités immobilières, nous avons avec Eiffage des interlocuteurs naturels", tient à souligner Philippe Crébassa. D'autres implantations seraient ainsi en négociations avancées, dont un projet conduit avec DHL.
En 2019, avec un effectif de 342 salariés, ATB a réalisé un chiffre d’affaires de 160,6 millions d'euros, en hausse de 6 % par rapport à l’exercice précédent. Une croissance portée par la nouvelle offre de commerces et de restauration ainsi que par ces opérations immobilières de diversification. Le résultat opérationnel courant s’établit à 36,6 M€ (+ 10,6 %).



