Comme d’autres grands industriels tels Nestlé ou L’Oréal, Total s’est associé au projet de Purecycle Technologies. Née à partir d’un projet de R&D de Procter & Gamble en 2015, et adossée au fonds d’investissement Innventure, cette entreprise se focalise sur une technologie de recyclage de polypropylène, avec un premier projet d’usine aux Etats-Unis. Total s’est engagé d’une part à acquérir une partie des futures productions, mais l’accord porte également sur la possibilité de construire une usine de ce type en Europe.
Aux yeux de Total, l’attrait réside en premier lieu dans la technologie développée. Sébastien Bariller, directeur Solutions bas-carbone pour les polymères chez Total, évoque une "technologie unique et assez complexe. Il s’agit d’un procédé de dissolution, de solvolyse, qui se situe entre les deux voies habituelles de recyclage chimique et mécanique. A partir de déchets à haute teneur en polypropylène, comme des moquettes, on procède à une extraction dans un solvant en phase supercritique, puis à une dilution et filtration qui permettent d’enlever tous les contaminants". Comme odeurs et couleurs, notamment. Cela laisse entrevoir un "très bon espoir d’obtenir une certification alimentaire aux Etats-Unis", ajoute Sébastien Bariller.
Usine de 48 000 tonnes par an
Le premier projet industriel de Purecycle Technologies porte sur la construction d’une usine d’une capacité de 48 000 tonnes par an de polypropylène recyclé, d’une qualité équivalente à celle du polypropylène vierge. Actuellement, après une validation à l’échelle pilote, l’entreprise serait en train de boucler le financement de la construction de l’usine à Hanging Rock, dans l’Ohio (Etats-Unis). Selon Sébastien Bariller "il faut à peu près deux ans pour construire une unité de ce type, donc il faut considérer un horizon 2022-2023 pour sa mise en service".

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Etude de faisabilité en Europe
Sans attendre la finalisation du projet américain, Total va lancer cette année avec Purecycle Technologies une étude de faisabilité pour déterminer la possibilité de construire, aussi, une usine de ce type en Europe. Cette étude examinera les conditions économiques d’un tel projet, en particulier le pays d’implantation, la demande du marché pour ces produits recyclés et la disponibilité des matières premières. "Les Etats-Unis sont assez peu développés en matière de recyclage et il y a plus d’opportunités de valoriser certaines matières premières plutôt que de les mettre en décharge. En Europe nous sommes plus avancés en recyclage mécanique, il est donc plus difficile de trouver des matières premières compétitives, cela varie d’un pays à l’autre", précise Sébastien Bariller. L’étude permettra aussi de déterminer dans quelle mesure Total pourrait s’investir dans un tel projet européen.
30% de polymères recyclés d'ici 2030
Cet engagement aux côtés de Purecycle Technologies s’inscrit dans l’un des objectifs de Total : atteindre 30% de polymères recyclés dans ses productions d’ici 2030. "Dans les plastiques, nous voulons offrir une filière complète. Or elle ne sera complète qu’en allant jusqu’au recyclage", justifie Sébastien Bariller. Dans le domaine du polypropylène recyclé, le groupe français a acquis l’opérateur français Synova, en 2019, avec des projets d’augmentation des capacités. La même année, il s’est associé à Citeo, Recycling Technologies, Nestlé et Mars pour mettre au point une filière de recyclage chimique pour les petits emballages alimentaires. Total a aussi engagé des partenariats dans le recyclage de polystyrène, avec Citeo, Saint-Gobain et Syndifrais.
Total n'avance pas seul
Sur le front de la production, le groupe indique produire une quinzaine de grades de polypropylène et de polyéthylène avec au moins 50% de matières recyclées. Mais pour l’heure, les volumes ne sont pas encore significatifs. "Nous sommes encore dans une phase de démarrage, et il y a encore du développement. Nous nous fixons un objectif à long terme pour développer un business profitable, compétitif et durable. L’idée n’est pas forcément d’aller le plus vite possible mais de constituer progressivement une activité et une croissance durables", tempère Sébastien Bariller.
Dans tous ces projets, comme celui avec Purecycle, Total n’avance pas seul. Le groupe suit une stratégie axée sur l’obtention des meilleures technologies existantes en s’appuyant sur des collaborations ou de la croissance externe, en sélectionnant méticuleusement les projets et les porteurs de projets ou de technologies.



