Thermo Fisher continue de jouer la carte de la polyvalence. Le géant américain vient de débourser plus de quatre milliards de dollars (4,1 Mrds $ soit 3,8 Mrds €) pour mettre la main sur l’activité de Solventum dédiée à la purification et à la filtration. Cette entreprise est issue de l’activité santé de 3M, avant que celle-ci soit lancée comme une entité indépendante, en 2024. L’entreprise regroupe ainsi à la fois des produits de soins bucco-dentaires et des solutions destinées aux procédés biologiques. C’est cette dernière division, dont les ventes atteignent un milliard de dollars par an, qui a incité Thermo Fisher à casser sa tirelire.
Dans le détail, Solventum commercialise des produits, pour la plupart encore avec le nom de 3M, pour la clarification, la purification, des solutions de chromatographie par échanges d’ions ou encore pour la filtration stérile. « En tant que partenaire de confiance de nos clients, les solutions de Solventum vont étendre et différencier notre portefeuille sur la bioproduction », s’est félicité Marc N. Casper, le p-dg de Thermo Fisher qui souligne la complémentarité avec l’offre actuelle de son groupe.
Thermo Fisher veut se positionner sur toutes les étapes de la bioproduction
Le géant américain reste ainsi très présent dans les milieux de culture et les technologies à usage unique pour les bioprocédés, avec ses produits commercialisés sous le nom de Thermo Scientific ou Gibco. Avec cette transaction, il se donne ainsi les moyens de se positionner à la fois sur les phases upstream de culture cellulaire et downstream de purification. De quoi « mieux servir nos clients sur ce marché à la croissance rapide », a souligné le dirigeant.
Thermo Fisher va ainsi prochainement intégrer, dans son segment Life Sciences Solutions, les quelque 2 500 employés de cette activité de Solventum, implantés dans le monde entier. La transaction est prévue pour être finalisée d’ici à la fin de l’année. L’activité Life Sciences de Thermo Fisher représente plus de 20 % de son chiffre d’affaires global, avec 9,6 Mrds $ de revenus engrangés en 2024 (sur des ventes à 42,8 Mrds $). L’entreprise compte surtout sur son segment produits de laboratoires et services pour la pharma.
L’activité couvre de multiples gammes, allant des pipettes, réactifs et centrifugeuses, à une offre CDMO déployée sous le nom de Patheon. Malgré des vents porteurs, Thermo Fisher va restructurer une partie de cette sous-traitance pharmaceutique.
Des sites belges rachetés par Thermo Fisher, en cure d'austérité
La presse belge s’est ainsi récemment fait l’écho d’un plan social prévu sur deux sites belges du groupe, à Seneffe et Gosselies, où une centaine d’emplois, soit environ un tiers des effectifs, sont menacés. Ces usines, spécialisées dans la production de vecteurs viraux, avaient été rachetées, en 2021, pour 725 millions d’euros, à Henogen qui appartenait, alors, à Novasep, avant que ce dernier fusionne avec PharmaZell pour devenir Axplora.
Si, au global, Thermo Fisher peut capitaliser sur la croissance de la bioproduction et des solutions nécessaires à son déploiement, le groupe américain n’hésite pas à ajuster ses besoins en fonction des tendances du moment, et alors que le marché des thérapies géniques connaît un creux. La CDMO suisse Lonza avait ainsi enregistré une croissance atone sur le marché des thérapies cellulaires et géniques, en 2024.
Pas de quoi inquiéter Thermo Fisher qui, avec le rachat d’une partie de Solventum, conforte un peu plus sa place de numéro un mondial des produits et services pour les sciences de la vie, dans un secteur où la concentration des activités se poursuit.



