Fin de cycle chez Tereos ? Le champion du sucre (il représente la moitié de ses revenus), producteur aussi d’alcool, d’amidon et autres produits sucrants a présenté des nouveaux résultats coquets avec un Ebitda légèrement supérieur à 800 millions d’euros. Une des meilleures performances de l’histoire du groupe, mais une baisse de 29% par rapport à l’exercice précédent, record absolu en la matière, du fait notamment de prix du sucre à des niveaux inédits en Europe. Le chiffre d’affaires s’établit à 5,9 milliards d’euros, en baisse de 17%.
Un exercice 2025 qui s'annonce difficile
Olivier Leducq, directeur général de la coopérative, a toutefois auguré d’un exercice à venir plus compliqué, conséquence de prix du sucre tombé à 550 euros la tonne en mars 2025 après avoir débuté l’année 2024 autour de 850 euros d’après les données de la Commission européenne. Une situation qui pèsera surtout sur les comptes de l’exercice en cours, plus que sur celui de l’exercice clôturé.
Tereos se fait aussi écho de difficultés sur le marché de l’alcool, où l’industriel milite pour une taxation des importations en provenance du Pakistan qui ont plombé les cours européen. Mais aussi sur les produits sucrants et dérivés de l’amidon, secteur qui souffre de surcapacités d’après Olivier Leducq.
Des fondamentaux à la baisse sur les marchés du sucre
L’année 2025 devrait toutefois permettre de dessiner un rebond à en croire le directeur général, même s'il se garde de donner des indications sur l’ampleur de ce sursaut : «Nous voyons une baisse de 9% des surfaces betteravières en Europe ce qui va permettre un retour à un niveau raisonnable, alors que les surfaces ont progressé de 12% ces deux dernières années», glisse-t-il.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
L’excès de production de sucre en Europe, avec des planteurs appâtés par les cours exceptionnels, va être jugulé. «On ne sentira ce rebond sur nos comptes qu’en fin d’année 2025. Au niveau mondial, les fondamentaux plaident plutôt sur une augmentation du prix du sucre là aussi, avec une récolte faible à venir au Brésil», poursuit-il. Tereos est très présent dans ce pays d’Amérique du sud où il opère six usines.
Gérard Clay, s’en prend au manque de compétitivité de la France
Dans la saga des coups de gueule d’industriels contre la compétitivité qui se dégrade en France : Gérard Clay, président de Tereos. «Trump vient troubler l’ordre établi tandis que la France et l’Europe continuent de défendre les accords de libre-échange. Certaines choses interpellent : en France, les importations alimentaires ont doublé en valeur en vingt ans (elles sont quasi stables en volume, ndlr). Nous en sommes là car nous perdons en compétitivité par rapport à nos voisins au niveau agricole et industriel. Les clauses miroirs sont vaines : ce dont nous avons besoin, c’est de standards de production identiques pour les produits importés.» Les dirigeants de la coopérative ont pris position en faveur de la réintroduction de l’acétamipride dont le sort est actuellement discuté sur les bancs du Parlement.



