L’aventure n’aura pas duré très longtemps. La production de masques sanitaires (FFP2 et chirurgicaux) de la Coop des Masques dont l’outil industriel est installé à Grâces (Côtes-d’Armor) avait démarré en janvier 2021. Elle est désormais totalement stoppée suite à la liquidation judiciaire de l’entreprise coopérative prononcée le 12 octobre par le tribunal de commerce de Saint-Brieuc. Les 13 salariés sont tous licenciés.
Dans un communiqué, Christophe Winckler, le président de la Coop des Masques, attribue la chute de l’entreprise aux importations de masques chinois qui restent à un niveau très massif, de l'ordre de 95 % en 2022. Il considère que l’Etat est « le premier fautif, car ses achats se font essentiellement en Chine ». Un exemple, la préfecture de Paris n’a pas renouvelé son contrat initialement passé avec la Coop des Masques « au profit d’un importateur chinois » dont les prix sont évidemment beaucoup moins élevés.
Une aventure hors du commun
2 067 sociétaires - particuliers et entreprises - avaient pourtant parié sur la réussite de l’entreprise bretonne et investi en capital de 50 à 10 000 euros. Installée à Grâces dans une friche industrielle d’une surface de 4 800 m², elle avait pour objectif de créer 40 emplois pérennes sachant que de nombreuses entreprises et institutions promettaient de multiples commandes notamment les groupes de santé comme Vyv (Harmonie mutuelle). En vain.
L’Etat a engagé 1,2 million d’euros dans la création de la Coop des Masques, la région Bretagne 200 000 euros, mais la société coopérative d'intérêt collectif n’a jamais atteint son point d’équilibre, le tribunal de commerce de Saint-Brieuc a donc préféré mettre un terme à cette « aventure humaine et solidaire hors du commun », est-il encore indiqué dans le communiqué de l’entreprise.



