Gagner au tribunal ne signifie pas toujours remporter la bataille de l’opinion publique. C’est ce qu’ont appris à leurs dépens les industriels français de la charcuterie en s’attaquant à l’application de notation Yuka.
En septembre 2021, le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence leur a donné raison et a obligé l’application à supprimer la mention «risque élevé» à propos des produits contenant des sels nitrités. Yuka s’appuyait sur un avis de l’OMS classant les charcuteries nitritées comme «cancérigènes probables» de catégorie 2a. Mais cette victoire judiciaire est apparue comme une défaite sur le plan médiatique tant la place qu’a prise Yuka est devenue centrale dans la vie des consommateurs. L’application a été téléchargée plus de 30 millions de fois dans le monde et la moitié des acheteurs de jambon ont déjà choisi des produits sans nitrites...
De quoi inciter les industriels à accélérer sur le sujet, à l’image de Fleury Michon qui, en mars, a annoncé sa volonté de proposer un tiers de ses charcuteries sans sels nitrités. En juillet, l’Anses a confirmé l’existence d’un lien entre consommation de nitrites et risque de cancer colorectal.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n° 3710 - Septembre 2022



