Emmanuel Macron a fait état de sa volonté de construire dix RER métropolitains. Mais les régions se sont déjà emparées du sujet depuis des années. La preuve avec la région Grand-Est, qui met en service son RER dimanche 11 décembre. Il s'agit de la première étape de ce projet engagé depuis quatre ans, qui apporte déjà une offre de service plus conséquente pour les habitants de la métropole strasbourgeoise. «Nous n’emploierons pas le terme de RER, mais de Réseau express métropolitain européen (REME), a précisé Jean Rottner, président LR de la région Grand-Est, lors de la présentation aux élus et à la presse du nouveau service de transport public à la Maison des régions, mercredi 7 décembre. Le REME est avant-gardiste dans sa conception. Il permet une offre avec un cadencement élevé du ferroviaire, mais nous maillons le territoire où il n’y a pas de trains avec des bus et des autocars express.»
Une offre augmentée de 43%
C’est une offre multimodale qui a pour colonne vertébrale le ferroviaire avec 800 trains supplémentaires par semaine dès le 11 décembre, et 1 000 à partir de juillet 2023. Cela représente une augmentation de l’offre de 43% sur les axes concernés avec des trains cadencés de 5 heures à 23 heures, sept jours sur sept et 95 gares desservies. Ce projet financé par l’Europe, la région Grand-Est et l’Eurométropole de Strasbourg a déjà nécessité un investissement de 700 millions d’euros, dont 120 millions d’euros pour la quatrième voie entre Strasbourg et Vendenheim qui permet d’avoir une première ligne traversante entre Saverne et Sélestat (Bas-Rhin) sans changer de train à la gare centrale de la capitale alsacienne.
480 millions d’euros ont été investis dans le matériel roulant. Neuf TER sont déjà livrés et financés par la région et la métropole. 30 TER ont également été commandés pour la prochaine étape, avec un appel d’offres transfrontalier lancé par la région Grand-Est et les trois Länder de Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de la Sarre. Des lignes transfrontalières seront incorporées au REME à partir de 2025. A l’horizon 2030, le réseau devrait s’étendre avec sept lignes frontalières et dépasser en France les frontières du département. 600 millions d’euros supplémentaires seront nécessaires pour boucler l’ensemble du projet à la fin de la décennie.
Des pôles d’échange multimodaux
En attendant, le REME maille déjà une bonne partie du Bas-Rhin, avec le renforcement des dessertes ferroviaires périurbaines et régionales, une offre augmentée de cars express, de tramways et de vélos (parkings, location). «Le but n’est pas d’avoir toujours une gare près de chez soi, mais un pôle multimodal à quelques kilomètres», a précisé Jean Rottner. La gare de Strasbourg devient ainsi la plus grande gare de TER de France. Les coûts d’exploitation devraient approcher 24 millions d’euros, dont 9 millions compensés par les recettes et les 14,5 millions restant étant financés à parts égales par la région et la métropole.
La mise en service du REME permet au gouvernement de rebondir sur les récentes annonces. «Les RER ont été remis à l’honneur par le président de la République, a rappelé Clément Beaune, ministre délégué aux Transports. Nous avons à imaginer des modes de financement. Il n’y aura pas de modes uniformes.» Le représentant du gouvernement a évoqué une «boîte à outils de financement pour les régions». En attendant d’en connaître son contenu, Clément Beaune souhaite rajouter 100 millions d’euros dans le contrat de performance consacré à la régénération du réseau ferroviaire pour atteindre la barre symbolique des 3 milliards d’euros. Loin du milliard supplémentaire demandé par les professionnels du secteur…



