Malgré son départ précipité en décembre, Carlos Tavares voit son ultime rémunération de directeur général de Stellantis validée à 66,9% par les actionnaires du constructeur automobile. Pour 2023, l'approbation s'était élevée à 70,2%. Comme chaque année, certains actionnaires, tels Allianz GI, avaient appelé à s’y opposer. Le vote, purement consultatif, a eu lieu mardi 15 avril à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de l’entreprise. Il tourne la page d'un règne fini prématurément.
La désignation d'un nouveau patron est toujours attendue avant la fin du premier semestre, a réaffirmé le président et dirigeant exécutif par intérim de l'entreprise, John Elkann, dans son propos liminaire. «Des mesures importantes et décisives ont été prises pour faire en sorte que Stellantis soit dans la position la plus forte possible lorsque notre nouveau directeur général sera nommé.» Si plusieurs noms ont circulé ces derniers mois, aucun profil n’a encore clairement émergé pour diriger le géant de l’automobile très implanté aux Etats-Unis et en Europe.
Année 2024 décevante
Sa tâche s’annonce complexe. La nouvelle tête du constructeur devra s’atteler à rétablir les comptes comme les parts de marché de Stellantis après une chute de la performance. «2024 n’a pas été une bonne année pour Stellantis, a affirmé John Elkann. Les raisons de cette situation sont en partie de notre fait, ce qui rend la situation encore plus décevante.»
Le président de l’entreprise a par ailleurs saisi l’occasion de cette réunion annuelle pour aborder les points d’actualité sensibles de ce début d’année 2025. «Avec la trajectoire actuelle des tarifs douaniers douloureux et des réglementations trop rigides, les industries automobiles américaines et européennes sont mises en danger», a-t-il mis en garde.

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Les tarifs douaniers inquiètent
Si l’héritier de l’empire Fiat a fait explicitement référence à la réglementation CO2 de l’Union européenne, promise à un allègement qui tarde à se traduire juridiquement, il a fortement insisté sur l’influence des décisions de l’administration de Donald Trump sur les activités de Stellantis. «Aux États-Unis, l'industrie automobile est gravement affectée par les droits de douane. En plus des droits de douane de 25% imposés sur les véhicules, nous subissons l'impact de plusieurs couches de droits de douane supplémentaires, notamment sur l'aluminium, l'acier et les pièces détachées.»
John Elkann s’est toutefois dit «un peu rassuré par ce que le président Trump a indiqué hier sur les tarifs douaniers pour l'industrie automobile», en référence à l’annonce par le 47ème président des Etats-Unis, lundi 14 avril dans la soirée, qu’il étudie la possibilité d'exemptions temporaires à ses droits de douane sur les véhicules et les composantes automobiles le temps que les industriels rapatrient leur production dans le pays.



