Même après le départ de Carlos Tavares, c'est toujours la même ritournelle chez Stellantis. Alors que son assemblée générale annuelle se tient ce mardi 15 avril, plusieurs investisseurs invitent les actionnaires à s'opposer à la rémunération jugée en décalage avec les bonnes pratiques de l'ex-directeur général. Carlos Tavares, qui a dirigé PSA Peugeot Citroën avant de prendre la tête de Stellantis à sa création en 2021, a été évincé en décembre après un accident de parcours aux États-Unis.
Que contient exactement le dernier chèque de Carlos Tavares ?
Malgré onze mois de présence, sa rémunération pour l’année complète n’a pas été ajustée. Il devrait percevoir l’intégralité de son salaire fixe annuel, soit 2 millions d’euros. S’y ajoute une indemnité de départ équivalente à une année de salaire – alors même qu’il s’agit officiellement d’une démission – et des éléments variables issus de son plan de rémunération de long terme.
Au total, l’enveloppe atteint ainsi 23,1 millions d’euros, une somme qu’Allianz Global Investors (AllianzGI), qui détient une petite part du capital de Stellantis, juge «excessivement généreuse, compte tenu notamment des performances opérationnelles médiocres et des raisons avancées pour justifier sa démission». Le constructeur a enregistré une baisse sensible de son bénéfice net en 2024.
Pourquoi cette rémunération suscite-t-elle une telle opposition ?
Il y a plusieurs raisons. C'est d'abord «une question de principe», justifie le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, sollicité par L'Usine Nouvelle. «Dans les standards de gouvernance d’entreprise, une démission ne donne en principe droit à aucune indemnité de départ». Cela ne passe pas auprès de ce dernier, qui y voit une entorse aux bonnes pratiques, d’autant plus alors que la rémunération de l’ancien directeur général n’a pas été recalculée en fonction de sa présence effective. Proxinvest salue toutefois le fait que Carlos Tavares ne touche pas de bonus.

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Ensuite, la performance financière du groupe ne semble pas justifier une telle générosité. «Au regard des performances opérationnelles décevantes pour 2024, Stellantis peut être considéré en situation d’échec. Il n’est donc pas acceptable d’attribuer une indemnité de départ à son dirigeant», tranche Proxinvest, qui appelle les actionnaires à voter contre la résolution relative à sa rémunération. AllianzGI a également fait savoir qu’il voterait contre. Le vote restera cependant purement consultatif, comme le prévoit le droit néerlandais auquel est soumise l’entreprise.
La rémunération de Carlos Tavares a-t-elle déjà fait débat ?
Ce n’est pas la première fois qu'elle provoque des remous. Depuis la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, les votes d’opposition se sont enchaînés : 44% en 2021, 52% en 2022, 48% en 2023 et 30% en 2024, rappelle AllianzGI. Jugeant que l'entreprise n'a pas tenu compte des critiques récurrentes formulées au sujet de sa politique de rémunération, le gestionnaire a également indiqué qu'il voterait contre la réélection de deux membres du comité de rémunération de Stellantis.



