Spécial Normandie : Spécialiste des analyses, Holopharm en quête de diversification

La start-up Holopharm déploie son expertise de la formulation et des analyses des produits pharmaceutiques en Normandie, où elle est implantée depuis sa création, en 2016. Afin de sécuriser son modèle économique, elle s'apprête à étendre ses activités en réalisant la production d'un excipient pharmaceutique.

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Holopharm
Les laboratoires d'Holopharm sont basés à Évreux.

Article initialement paru dans le cahier spécial Normandie d'Industrie Pharma n°158

Le développement d'un produit pharmaceutique est un long parcours, souvent complexe, dans lequel une CRO comme Holopharm joue un rôle clé. Fondée en 2016 par Pierre-Marie Mondin et Julien Morvan, l'entreprise normande de cinq salariés aide ses clients - qui vont de la start-up française aux big pharmas internationales, en passant par les entreprises du générique - à la formulation du produit et aux méthodes d'analyse associées.

« Lors de nos précédentes expériences au sein de grands groupes pharmaceutiques, nous avons constaté que les besoins en R&D étaient de plus en plus importants, et notamment dus à la fermeture d'unités de R&D dans certains de ces laboratoires », explique Julien Morvan, président d'Holopharm. « Nous intervenons pendant la période d'initiation du projet, dite early stage development, pour le développement des petites molécules, sous différentes formes galéniques », présente-t-il.

« Nous récupérons souvent les moutons à cinq pattes de nos clients, qui font appel à nous pour notre expertise en formulation et en analyse, mais aussi certainement pour notre souplesse, notre flexibilité et notre agrément CIR », poursuit le président d'Holopharm. L'entreprise met aussi en avant sa polyvalence, puisqu'elle a l'avantage d'être en mesure de réaliser le développement de différentes formes pharmaceutiques : formes sèches ou pâteuses (gel ou crème), sirops, collyres mais aussi des formes injectables.

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La mission d'Holopharm se révèle souvent complexe. D'abord, car la start-up est confrontée à une demande toujours plus importante de réduction des coûts. « Pour alléger la facture, on doit chercher à réduire les temps d'analyse ou les quantités de solvants et de consommables utilisés, par exemple », explique Julien Morvan. Ensuite, car il est difficile d'évaluer le temps nécessaire pour développer une méthode d'analyse spécifique à un produit pharmaceutique. « Cela peut prendre deux semaines, comme plus de trois mois » confie Pierre-Marie Mondin, directeur général d'Holopharm.

L'entreprise met en avant ses équipements d'analyse. Holopharm peut réaliser l'étude de la rhéologie, la granulométrie, avec un granulomètre laser, ou analyser la forme des particules par microscopie électronique. Elle est également équipée en spectrométrie de masse, chromatographie liquide (uHPLC) et chromatographie en phase gazeuse pour la réalisation de ses analyses.

« Toutes ces méthodes nous permettent d'évaluer la dégradation des principes actifs dans les formules développées et de fournir les données nécessaires aux recommandations inscrites sur le packaging du médicament et à l'estimation de sa date de péremption », souligne Pierre-Marie Mondin. Le travail de la start-up s'arrête ici, le montage des dossiers réglementaires nécessaires à l'obtention d'une certification étant sous-traité à une autre entreprise.

Une diversification indispensable

Pour l'heure, Holopharm peut prendre en charge un nombre limité de projets. Mais pour diversifier son modèle d'affaires et ses ressources, la PME a pour projet d'assurer la R&D et la production d'un excipient pharmaceutique. « Même si le projet est encore confidentiel, nous espérons une commercialisation dès l'année prochaine », ambitionne Julien Morvan, président d'Holopharm.

Holopharm est historiquement basé en Normandie depuis sa création, d'abord au Val de Reuil puis à Évreux, depuis 2021. « Dès le début, nous avons rejoint le réseau Polepharma, ce qui nous a permis d'étendre notre réseau et de rencontrer de nouveaux collaborateurs, comme des fournisseurs et des spécialistes de la maintenance ou de l'ingéniering », confie Pierre-Marie Mondin.

Le laboratoire, qui semble s'être rapidement intégré à l'écosystème pharmaceutique normand, reconnaît avoir reçu un précieux soutien de la région, via le financement de certains de ses équipements, l'obtention d'une subvention pour faire progresser ses recherches sur la peau artificielle ou la mise en relation avec les bons interlocuteurs.

« Nous avons notamment reçu l'aide d'AD Normandie, l'agence en charge du développement économique de la région, mais aussi celles de la préfecture et de la sous-préfecture, ainsi que de la maison des entreprises avec laquelle nous sommes en contact régulièrement pour du conseil en lien avec notre stratégie de développement », ajoute Pierre-Marie Mondin.

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