Spécial Normandie : Aptar fait de la digitalisation une force d'attraction

Le spécialiste des dispositifs d'administration est ancré dans l'Eure depuis les années 70. Alors que les marchés qu'il adresse sont en croissance, son site normand compte sur la digitalisation pour accompagner cette demande prévue à la hausse. Une façon aussi d'attirer les talents dans un écosystème compétitif.

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Aptar
Situé à cheval entre les villes du Val-de-Reuil et du Vaudreuil, le site s'étend sur 30 000 m2.

Article initialement paru dans le cahier spécial Normandie d'Industrie Pharma n°158

Le site Aptar de l'Eure ne manque pas d'atouts. Le groupe américain, spécialisé dans les dispositifs d'administration, a choisi la Normandie, il y a 35 ans. Situé à cheval entre les villes du Val-de-Reuil et du Vaudreuil, le site s'est étendu progressivement pour atteindre une surface de 30 000 m2 .

Porté par un marché en croissance et quelques grands noms à son portefeuille, tels que GSK, Emergent, Organon, Sanofi ou AstraZeneca, le site produit différents types de dispositifs. L'usine fabrique des valves doseuses, utilisées pour les inhalateurs pressurisés destinés au traitement de l'asthme ou de la bronchite chronique, ainsi que des pompes nasales dédiées notamment au traitement de l'allergie.

Elle réalise également le développement et la production de joints élastomères et thermoplastiques utilisés dans la fabrication des valves et des pompes. « Notre plus gros marché est celui des allergies qui sont en augmentation, notamment à cause de la pollution ou des allergies saisonnières de plus en plus longues », estime Jérôme Langeard, directeur de l'usine euroise. Le site permet également la production de dispositifs d'administration pour les médicaments traitant les maladies pulmonaires, son second marché, et la douleur.

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« On fournit plus de 800 millions de produits par an », chiffre le dirigeant. Pour accompagner sa croissance, l'usine, qui compte plus de 1 300 employés, investit. Elle dispose d'une nouvelle génération d'équipements dont une soixantaine de presses d'injection plastique qui viennent prendre place dans les 8 200 m2 de salles blanches du site.

La digitalisation pour attirer les talents


« Entre sites normands labellisés Industrie du Futur, on échange des innovations, des bonnes idées, des CV, des projets, des évènements ».

Pour orchestrer cette production haut débit, Aptar injecte une bonne dose de digitalisation dans ses process. « Notre programme de digitalisation, mis en place depuis une dizaine d'années, nous permet de récolter en temps réel les données de nos machines », explique Benjamin Ozanne, responsable des installations, de la gestion de l'énergie et de la sûreté du site.

Le système mis en place par Aptar lui permet ainsi d'accéder directement aux tendances et aux historiques des machines qui réalisent régulièrement des contrôles automatiques. En plus de l'automatisation de ses contrôles, cela a permis au site un meilleur contrôle de ses énergies. Grâce à un réseau de milliers de points de mesure en temps réel et d'équipements connectés, l'usine surveille et optimise sa consommation énergétique.

Des efforts qui ont valu au site de se voir décerner le trophée de la 10e « vitrine Industrie du Futur », en 2023. Un label qui distingue les réalisations françaises innovantes, toutes industries confondues, au service de l'amélioration des performances opérationnelles. À ce jour, 127 entreprises françaises ont obtenu la labellisation.

Une vitrine qui porte bien son nom, puisque le site Aptar s'est aussi servi de cette récompense pour se mettre en avant dans le recrutement. L'obtention du label lui a permis d'augmenter sa notoriété. « Nous sommes un des plus gros employeurs de l'Eure, mais nous manquons encore de visibilité pour élargir nos recrutements », constate Jérôme Langeard. « Entre sites normands labellisés Industrie du Futur, on échange des innovations, des bonnes idées, des CV, des projets et des évènements », se félicite-t-il.

Et pour mieux attirer les jeunes talents, le site peut se prévaloir de travailler à sa dimension environnementale. « Nous avons déjà amélioré notre ratio énergétique de 30 %, notamment grâce au remplacement des groupes froids et des compresseurs, à l'utilisation d'une électricité verte, à l'adaptation du renouvellement d'air en fonction de l'activité dans les salles blanches, et à la récupération des calories liées aux process industriels pour chauffer nos installations », détaille Benjamin Ozanne, alors que le site a mis en place des engagements d'ici à 2030 pour réduire de 12 kT ses émissions de CO2 .

Un travail qui passera aussi par la réduction de l'empreinte de ses produits. « Nous avons été l'un des premiers à mettre au point des dispositifs qui s'adaptent aux nouveaux gaz propulseurs des produits, beaucoup moins nocifs pour la couche d'ozone », rappelle-t-il.

Un effort sur la dimension environnementale qui n'empêche pas le site de se projeter sur de nouveaux dispositifs et de futurs marchés porteurs de sens. « Nous développons la gamme des nouveaux systèmes d'administration pour le traitement des overdoses, notamment par voie nasale, pour agir rapidement en cas de consommation excessive de drogues ou de médicaments », explique Jérôme Langeard. Une carte innovation que souhaite jouer son directeur pour continuer à en faire une vitrine d'Aptar dans le monde.

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