«Une première mondiale!» C’est ainsi que le directeur général de Soren, Nicolas Defrenne, présente l’usine inaugurée mardi 27 septembre à Saint-Loubès (Gironde). L’éco-organisme, agréé par les pouvoirs publics pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés, s’est associé à Envie 2E, un ensemble de structures qui proposent des services de collecte, de manutention et de gestion aux professionnels comme aux particuliers, pour mettre sur pied ce site qui a nécessité un investissement de 2 millions d’euros. Le lieu dispose de la première ligne de réemploi et de réutilisation en Europe et utilisera, surtout, un procédé de délamination par lame chaude qui permet notamment de récupérer du verre plat. Une technologie inédite: seule une autre machine, au Japon, le permet, sans être encore entrée en service.
«Cette unité de traitement, par délamination, va permettre un recyclage à très haute valeur ajoutée pour récupérer un maximum de composants des panneaux, et en particulier le silicium et l’argent», explique Nicolas Defrenne. «Notre enjeu, c’est que les matières premières de la transition énergétique puissent être régénérées pour continuer à être efficaces. Notre conviction, c’est que la transition ne pourra se faire sans économie circulaire. Si l’on recycle bien, l’Agence internationale de l’énergie estime que 80% des besoins de la filière de l’énergie peuvent être assurés par le recyclage», affirme le dirigeant.
Prolonger le cycle de vie des composants
La technologie développée à Saint-Loubès permettra de recycler 94% d’un panneau solaire. «En soi, ce n’est pas un taux de valorisation beaucoup plus élevé que ce qui existe ailleurs. Mais cette technologie amène à recycler des fractions beaucoup plus pures, donc réutilisables par les industriels à long terme. On prolonge ainsi le cycle de vie des composants. C’est une manière de considérer le recyclage non plus comme un mode de recyclage des déchets mais bien comme une manière de produire de la matière première», assure Nicolas Defrenne.
«En innovant avec l’ouverture de cette filière de traitement et de réemploi du photovoltaïque, nous sommes alignés avec notre credo initial qui est de prolonger la durée de vie de tout appareil peu énergivore. Nous permettons la création d’un marché précurseur et pour lequel de nombreux clients, particuliers comme entreprises, acteurs privés comme publics, sont très demandeurs. Au-delà de la technologie novatrice, c’est également, pour le bassin aquitain, une opportunité de création d’emplois pour les personnes en insertion: l’usine va employer 25salariés», détaille de son côté Frédéric Seguin, directeur d’Envie 2E Aquitaine.



