Skytech donne aux plastiques automobiles une seconde jeunesse

Grâce à son procédé de séparation triboélectrique, Skytech valorise les déchets plastiques issus des automobiles (VHU) et des déchets électriques et électroniques (DEEE). Des plastiques qui finissaient souvent enfouis ou incinérés.

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Skytech recycle les plastiques de l'automobile et des produits électriques et électroniques
A Bonnières-sur-Seine (Yvelines), Skytech valorise trois résines issues des automobiles et des équipements électriques et électroniques en fin de vie.

Redonner une nouvelle vie aux matières plastiques issues des véhicules hors d’usage (VHU) et des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), Skytech en a fait son activité. Installée à Bonnières-sur-Seine (Yvelines), cette jeune entreprise s’est spécialisée dans le tri et la régénération de trois familles de résine post-consommation : l’acrylonitrile butadiène styrène (ABS, une résine technique pour le thermoformage et l'injection), le polystyrène (PS) et le polypropylène (PP). Un marché prometteur.

"Il n’y avait pas de technologie performante pour séparer ces matériaux. Ils étaient soit enfouis, soit incinérés", indique le président de l’entreprise, Philippe Caron, qui est fier de passer une étape supplémentaire dans la valorisation de ces déchets, en dépassant le stade du recyclage de chutes industrielles.

Un taux de pureté de plus de 99%

Créée en 2019, Skytech a mis au point une solution de séparation par effet triboélectrique. Grâce à elle, la jeune entreprise est en mesure de répartir en trois flux de matières le contenu d’un big bag de plusieurs tonnes de plastiques mélangés. En bout de ligne, trois contenants récupèrent la matière avec un taux de pureté de 99,5% dans le cas de l’ABS et d’environ 99% - le taux continue de progresser - pour les deux autres résines.

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Après broyage, "les paillettes sont chargées en électricité par frottement et traversent un champ électrique qui va ensuite les séparer", explique le patron. Les matériaux sont ensuite regranulés et recompoundés avant d’être vendus aux plasturgistes.

Des acteurs de l’automobile à éduquer

De couleur gris foncé ou noire, ces granulés, additivés ou non, servent, pour l’instant, à produire des pièces techniques destinées à des ouvrants dans la construction, des caches arrière de téléviseur. Ils se retrouvent aussi dans des PLV, dans l’ameublement…

Le marché automobile, en revanche, n’est pas encore client de Skytech bien qu'il représente un marché potentiel considérable. Il faudra pour cela lui donner le temps de valider ces nouvelles matières... et aussi de faire évoluer les mentalités. "Il y a eu une mésestimation par les constructeurs et leurs équipementiers des capacités du recyclé, qui a des propriétés identiques au vierge tout en réduisant l’impact sur l’environnement", considère le patron qui reconnaît qu’un travail de sensibilisation reste à réaliser.

10 000 tonnes aujourd’hui, 30 000 tonnes demain

Un mouvement est en marche, croit Philippe Caron, qui recense trois types de clients: ceux poussés par la réglementation, ceux qui misent sur le marketing, et les derniers - les plus nombreux selon lui -, qui achètent de la matière d’occasion pour rester cohérents avec leurs valeurs.

L’entreprise, dont l’activité monte en puissance depuis un an et demi, a une capacité installée de 10 000 tonnes. Philippe Caron espère bien la tripler d’ici trois à quatre ans. En octobre 2019, Skytech a appuyé sur l’accélérateur après avoir remporté un appel à projet lancé par l’Ademe, qui lui a octroyé 2,2 millions d’euros d’aide au financement. De quoi perfectionner sa technologie et multiplier les lignes de production en France, mais aussi à l’international.

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