Relancer la consommation de vin rouge en proposant un produit adapté aux jeunes générations, tel est le pari de Michel Chapoutier, le PDG de M. Chapoutier, un propriétaire de parcelles (489 ha en France, en Australie, au Portugal et en Espagne) et négociant en raisins et en vins, situé à Tain-l’Hermitage (Drôme). Pour y remédier, il a lancé au printemps dernier Rouge Clair, un vin rouge qui se consomme très frais, avec un taux d’alcool abaissé (12,3%, contre 14% en moyenne).
«Les jeunes générations consomment des produits qui sortent du réfrigérateur, comme la bière ou les vins blancs. Ce sont des produits qui se consomment frais. Il y a une sous-consommation de vin rouge, parce qu’il ne correspond pas toujours aux nouvelles habitudes, d’où l’idée de vins rouges plus légers, que l’on sert conservés dans la glace. Non seulement on n’est plus dans la course à l’alcool, mais on est dans le sens inverse», constate le chef d’entreprise (310 personnes), qui rappelle que, dans les années 1980, le taux d’alcool des vins rouges a augmenté.
Un vin pensé pour être placé dans un seau à glace
Il y a deux ans, M. Chapoutier a donc lancé le projet Rouge Clair pour un lancement en 2024. Objectif : obtenir un vin d’une couleur claire. «Les tannins devaient être assez soyeux pour éviter qu’ils ne soient mordants lorsque le vin est placé dans un seau à glace», ajoute Michel Chapoutier qui, au lieu de choisir un cabernet sauvignon, jugé «plus agressif dans la glace», a préféré du grenache et du syrah (à hauteur de 80% et de 20%) : le premier cépage a des tannins qui sont très ronds, tandis que le second apporte de la profondeur aromatique. Les vendanges ont été réalisées dans l’Aude en 2023.
La création de Rouge Clair a aussi conduit M. Chapoutier à modifier ses habitudes. Les températures de vinification sont plus faibles que pour les autres vins, à 22 ou 23 degrés contre 30 degrés pour des vins de garde que produit habituellement la maison. Les temps de macération sont également plus courts, 3 à 5 jours, contre 3 semaines environ traditionnellement.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Autre nouveauté, le packaging. Sur la bouteille, l’étiquette est thermochromique. Ses mentions se dévoilent entièrement lors d’un service compris entre 10 et 12 degrés. Face au bilan carbone «exécrable» de la capsule en aluminium, une bandelette en papier a été développée, moyennant six mois de travail. Le bouchon en liège a quant à lui été remplacé par bouchon en matières premières issues de la canne à sucre, permettant d’améliorer la perméabilité à l’oxygène, et à éviter la trichloroanisole (ou TCA), qui peut conférer un «goût de bouchon» au vin. Dans les bars-restaurants, qui constituent la cible historique de M. Chapoutier, un seau à glace accompagne le service de Rouge Clair.
Un segment en vogue dans les pays du sud de l’Europe
Depuis le lancement commercial de Rouge Clair, en juin 2024, les ventes ont dépassé les prévisions de 50%. Michel Chapoutier se satisfait aussi des ventes à l’export, notamment au Canada.
Il regrette toutefois de ne pas être parvenu à embarquer l’ensemble de la filière sur le développement de vins rouges moins alcoolisés et plus clairs. «L’idéal aurait été de créer un segment, pour les différentes appellations régionales, pour les rouges légers en alcool, mais aussi en couleur. Les Italiens, les Espagnols et les Portugais travaillent ce concept, et prennent des parts de marché grandissantes», constate le dirigeant, qui espère positionner sa nouveauté comme une alternative aux vins rosés et blancs, davantage en vogue auprès des jeunes consommateurs.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.



